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Si Hmimi, le baroudeur de la Soummam

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C’est dans cet esprit que s’était incrustée la fibre nationaliste chez Fedal Ahmed, connu sous le nom de guerre de “commandant Si Hamimi” qui nous a quittés, il y a une année de cela, un certain 26 mars 2003 et enterré le 28 mars au carré des martyrs à El Alia au milieu de ses compagnons d’armes avec qui, il a partagé des peines et des joies. Aujourd’hui, sa famille et ses proches révolutionnaires viennent d’adresser une lettre à la municipalité de Béni Maouche dans laquelle ils rendent un vibrant hommage à un patriote hors du commun, au parcours révolutionnaire exemplaire, et pour lequel ils revendiquent une stèle au chef-lieu de la commune d’Ath Ouamouche, sur cette terre qui l’a vu naître, grandir et mourir !Né en 1923 au village Aguemoune, commune et daïra de Béni Maouche, wilaya de Béjaïa, et élevé dans une famille modeste, dès son jeune âge, il a commencé à militer dans le mouvement national et à 22 ans, il a participé au soulèvement du 8 mai 45 où il a été repéré et incorporé d’office au service militaire. Affecté au 19e bataillon à la caserne avec des jeunes algériens nationalistes qui partagèrent les mêmes convictions, il a été libéré avant terme, le 17 octobre 1946, suite à la victoire des Alliés sur l’Allemagne. Quelques mois après, en mars 1947, il a rejoint le PPA/MTLD sous la direction de Larbi Oulebsir, représentant du parti dans la vallée de la Soummam et depuis, il n’a cessé de sensibiliser les citoyens de la région pour rejoindre ce parti.

Son groupe avait à son actif plusieurs embuscades tendues à l’ennemi et qui s’en suivirent souvent d’accrochages, lesquels étaient toujours jalonnés de succès grâce à la connaissance du terrain.

Toujours sous la direction de Larbi Oulebsir, le 18 août 1954, il a pris part avec 11 de ses compagnons à une réunion qui s’était déroulée à Ighil Ouadhou, à deux kilomètres de son village natal au douar Béni Maouche, dans la maison d’un martyr où ils ont décidé de la formation de groupes de 4 moudjahidine chacun. Dans son groupe, figurent Saâdi Md Ourabah, Touahri Ali et Houdjal Md Chérif.Son groupe avait à son actif plusieurs embuscades tendues à l’ennemi et qui s’en suivirent souvent d’accrochages, lesquels étaient toujours jalonnés de succès grâce à la connaissance du terrain. Tellement elles étaient nombreuses, il fallait un mémoire pour les conter toutes. La première action fut la tentative d’assassinat du caïd Nacer de Béni Mouhli. Ayant buté sur un problème qui les a empêchés de le descendre, son groupe s’était rabattu sur le parc communal où il a incendié deux engins de travaux publics.Il jouit d’une grande estime envers le colonel Amirouche qui fit de lui l’homme de confiance dans la vallée de la Soummam. Malgré son handicap en matière de niveau scolaire très faible, Si Hamimi a accédé quand-même au grade de commandant grâce à son héroïsme et à son amour pour la patrie. Le 18 juillet 1955, une rencontre avait eu lieu avec Amirouche à Ath Ouzegane, où il a été décidé de la refondation du groupe. Arezki l’aurassi a été désigné comme chef et Si Hamimi comme adjoint. Le 18 août 1955, sur des renseignements que leur a fournis la population concernant le passage d’une personnalité politique française (al Hakam), le groupe de Si Hamimi lui a tendu une embuscade au lieu dit Délaga et dans l’accrochage qui s’en était suivi, deux moudjahidine ont trouvé la mort. Malgré cette perte humaine, le colonel Amirouche a félicité les deux chefs pour leur bravoure et leur a signifié que cet accrochage est un acte politique important pour la révolution. Continuant son offensive contre les troupes armées ennemies, le 17 septembre 1955, le groupe avait attaqué un convoi de gendarmerie au lieudit Sahel dans la commune de Seddouk. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’endroit porte le nom de : “Pont de gendarmerie”. Le 15 février 1956, dans la région de Bordj Bou-Arréridj, le groupe avec un effectif de 130 moudjahidines a tendu un filet à une patrouille française. L’embuscade bien planifiée a fait subir à l’ennemie des pertes humaines et matérielles incommensurables, beaucoup de paras tués, 18 armes de guerre récupérées et 3 soldats français capturés. Lors de l’organisation du congrès de la Soummam qui s’était tenu à Ifri Ouzellaguène, le colonel Amirouche avait fait appel à son groupe pour assurer la sécurité des congressistes. Le 17 août 1957, il a été blessé dans une bataille que son groupe a livrée à l’ennemi au lieudit Iamourène dans la région d’Akbou et qui a duré de 6h du matin jusqu’à 21h. Lors de l’opération Jumelles où toute la Kabylie était passée au peigne fin par les paras français, son groupe a pu passer entre les mailles du filet que lui a tendu le général Massu. Le 7 août 1959, son groupe a donné du fil à retordre aux para français sur un champ de bataille entre Tansaouth et Bouhamza. A l’indépendance, Si Hamimi, n’ayant pas un bon niveau d’instruction, et hormis un mandat de député, n’avait pas occupé de fonctions importantes mais il avait toujours répondu présent lorsqu’on le sollicite pour des conférences sur notre glorieuse révolution. “Que Dieu ait ton âme, Si Hamimi. Repose en paix dans le vaste paradis des braves”.

L. Beddar