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AïT YAHIA MOUSSA - Habitat rural

1 600 demandes en attente

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« Les aides à l’habitat rural arrivent au compte-gouttes. Pour cette année, nous n’avons eu aucune aide », dira, d’emblée, Hakim Amrani, en sa qualité de président de la commission sociale. Notre interlocuteur nous apprendra que jusqu’à ce jour, ce service a enregistré 1 600 demandes. « Vraiment, c’est un dossier épineux quand on sait que notre commune ne dispose d’aucune autre formule pour satisfaire nos concitoyens en matière de logements.

À cause du manque d’assiettes foncières, nous n’avons bénéficié d’aucun projet de logement social depuis le début des années 2000. Actuellement, notre commune ne compte qu’environ deux cents logements depuis sa création en 1971. Quarante-huit ans après, elle est toujours comme un village », expliquera-t-il. Pour M. Amrani, seules les dossiers de 2012 et 2013 ont eu récemment les décisions. « Nous avons servi au total environ deux cents décisions. Quant aux dossiers allant de 2014 jusqu’au jour d’aujourd’hui, les demandeurs doivent prendre leur mal en patience. Nous sommes sous une pression terrible.

Chaque jour, nous sommes assaillis par les demandeurs », reconnaîtra-t-il. Effectivement, ce bureau ne désemplit pas.  » ‘ai déposé une demande en 2015, j’attendais à ce que celle-ci soit satisfaite. Malheureusement, on vient de m’apprendre qu’il faudra encore attendre parce que la liste est encore longue », nous déclarera un demandeur accosté justement devant le bureau du service de l’habitat rural venu s’enquérir des suites données à sa demande.

Dans cette municipalité, il est vrai que des centaines de citoyens ont été satisfaits depuis le lancement de cette formule en 2005, mais à entendre ce président de commission, il faudrait encore des années pour répondre à toutes les demandes d’autant plus que la situation financière du pays n’est pas bonne. Les élus de cette commune rurale estiment que la seule solution afin de répondre aux demandes est de venir en aide à cette APC en déclassant des terres forestières à la commune. »

Je crois que la seule solution est que les hautes autorités du pays interviennent dans notre dossier de transfert d’au moins vingt hectares des terres forestières afin de construire des logements sociaux. Au moins, nous aurons moins de pression en transférant certaines demandes vers le social. Sinon, le problème ne sera jamais réglé. Car, je suis sûr que durant tout notre mandat, nous n’aurons qu’au maximum deux à trois cents aides. C’est pourquoi nous jugeons que le transfert de ces terres forestières est une urgence », estimera un autre élu. Cela étant, il faudra aussi souligner que les habitants de cette commune préfèrent construire sur leurs propres terres que de bénéficier de logements sociaux au chef-lieu.  » Vraiment, c’est la formule d’aide à l’habitat rural qui est la plus prisée », conclura notre premier interlocuteur.

Amar Ouramdane