Accueil Kabylie La ville privée de Web depuis un mois

La ville privée de Web depuis un mois

2237

Que n’a-t-on pas dit sur ce récurrent et persistant problème de déconnection qui a paralysé les cybercafés de la localité de Seddouk ? Malgré cela, les services des télécommunications d’Akbou et de Béjaïa ne semblent pas être préoccupés par les déboires qu’endurent ces damnés de la connection que sont les gérants des cybers et les internautes de la région.

En effet, depuis ce maudit après-midi du mercredi 10/11/2004, où les internautes, la mort dans l’âme, attendaient impatiemment le retour de la tonalité, croyant à une simple coupure de routine. Ces laissés-pour-comptes, ces parents pauvres de la vallée, en savent pas que leur galère ne se terminera pas aussitôt et pourtant rien ne présage un tel horrible destin qui les priverait de l’Internet dans leur ville pendant des jours, voire des semaines, si ce ne sera pas des mois, car rien ne fait frétiller les responsables des télécommunications : ni les articles de presse fort nombreux, ni les interventions des autorités locales. Ils n’agissent qu’à leur guise. Pendant ce temps et bravant les frimas de l’hiver, les malheureux internautes errent dans les villes environnantes, notamment Akbou et Sidi Aïch, à la recherche des cybercafés pour se connecter. Parfois, bercés par une bonne connection à laquelle ils ne sont pas habitués dans leur ville, ils restent jusqu’à des heures tardives de la nuit. Par manque de transport nuitard et dans les ténèbres, ils font de l’auto-stop ou cavalent le long des routes ou des sentiers rocailleux et sinueux, encourant des risques d’agressions.Chaque jour, ils prient Dieu pour que ces responsables se décident enfin à leur rendre cette commodité du 21e siècle. L’histoire leur a enseigné que ces monopolistes de la téléphonie fixe n’obéissent qu’à leur logique et ne croient plus aux larmes des autres et dans ce sens, le cas de Tibouamouchine et des trois villages attenants est plus qu’édifiant. Ces villages de la commune de Seddouk, rappelons-le, sont restés dans l’usage du téléphone depuis juillet 2001 à ce jour pour une banale histoire de vol de câble sur un modeste tronçon de quatre kilomètres.Aujourd’hui, la situation ne s’est pas encore normalisée dans ces villages avec le téléphone fixe à distance appelé WLL, que les internautes sont privés déjà de la connection et le plus navrant est que seule la commune de Seddouk est isolée au milieu de toutes les communes environnantes.Faites par inadvertance ou sciemment, ces pratiques de priver toute une commune d’un outil aussi performant de divertissement, du savoir et d’autres de la population locale, notamment les jeunes des deux sexes, doivent faire réagir les autorités car de telles situations ne font qu’exaspérer le malheur d’une jeunesse déjà soumise aux rudes épreuves d’une vie compliquée par le chômage endémique et le manque de loisirs.

L.Beddar