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Une école abandonnée

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Ces petits villages sont privés à ce jour d’une école primaire pouvant recevoir une centaine d’élèves environs. Et pourtant il existe une qui était construite en 1999, réceptionnée en 2002, non fonctionnelle à ce jour, faute d’un mur de soutènement qui n’est pas encore construit dont le devis de construction avoisine selon l’étude faite par l’APC d’Amizour les cent millions de centimes.Pour M. Boubakeur Maouche, vice-président de l’association des villages Aït Ouamouche, “l’association a tapé à toutes les portes, entre autres l’APC d’Amizour, la daïra, la wilaya, l’APW et la DE et aucune suite n’a été donnée, si ce n’est des réponses peu convaincantes et insuffisantes”. Ce qui laisse penser que le problème tardera à être résolu, puisque “chaque partie renvoie la balle à l’autre, prétextant même un manque d’effectif nécessaire pour l’ouverture officielle de cette école, alors qu’en vérité il existe plus de 120 enfants scolarisés ou prêts à la scolarisation qui sont répartis sur plusieurs établissements surtout Ighil-Iaâlouanène et Tala Aâmr, ceci sans oublier que beaucoup d’habitants se sentant lésés par cette négligence sont obligés de scolariser leurs enfants en dehors des écoles citées, soit en louant ou en déménageant ailleurs”. Et de rétorquer “qu’en général, surtout en ces périodes hivernales où le froid glacial est de mise, beaucoup d’enfants sont exposés à des chutes sur des passages à la limite du praticable, et qui provoquent d’ailleurs chez ces derniers des absences irrégulières, ce qui engendre des perturbations chez l’enfant, qui les empêchent de se concentrer sur leurs études, et même pour les parents qui subissent les conséquences de ce blocage”.Arrivés à hauteur de cette école, nous avons constaté qu’elle est bien tenue, en bon état, et bien clôturée, cadenassée. Toutefois à l’autre côté de cette dernière, nous avons constaté un glissement de terrains assez important vu que l’école a été construite à proximité d’un talus, ce qui nécessite par ailleurs un mur de soutènement pour contenir les éboulements du sol boueux surtout que le talus en question a absorbé énormément d’eau suite aux dernières chutes de neige et la pluie qui s’abattait sur la région ces derniers jours. Notre interlocuteur, tout en restant énervé, nous révéla que “le chef de cabinet de la wilaya dépêché sur les lieux, a vu que le mur de soutènement en question ne représente point un problème majeur pour l’ouverture de cette école, et qu’il nous a promis d’aviser la direction de l’éducation de la wilaya pour se pencher sur ce cas” et que “le chef de daïra s’est déplacé en personne au lieudit Aït Oumaouche pour voir de visu cette école et qu’à première vue il a constaté que l’école est en bon état” et que ce mur de soutènement est à la charge de l’APC. Le président de l’association du village atteste par ailleurs “qu’il s’est déplacé avec une commission de l’éducation de l’APW à la direction de l’éducation de Béjaïa qui nous a promis que l’ouverture de notre école sera pour le début du deuxième trimestre de l’année en cours, mais rien n’a été fait dans ce sens”.Le secrétaire général de la commune d’Amizour en la personne de Rachid Amrouche nous révéla que “ses services ont adressé des correspondances à la wilaya pour dégager une enveloppe financière pour la construction du mur en question, et que l’APC ne dispose point de ressources financières nécessaires pour effectuer ce genre de travaux” et “qu’il s’est réuni dernièrement avec le chef de daïra et qu’ils ont décidé de concert de construire une sorte de gabion afin de contenir l’écroulement du talus en question” avant d’ajouter “que des travaux dans ce sens s’effectueront dans les plus brefs délais quand les conditions météorologiques le permettent et que nous sommes en train de déplacer de la pierre dans ce sens”.D’un autre côté, le propriétaire du lot de terrain où est implantée l’école en question, en l’occurrence M. Maouchi Arezki que nous avons rencontré, nous révéla qu’il “est lésé dans la mesure où il a signifié que cette dernière s’engage à lui attribuer un lot de terrain de 150 mètres carrés au village socialiste agricole de Merdj Ouamane, à Amizour, à titre de compensation pour le terrain mis à la disposition de la commune pour la réalisation d’un groupe scolaire à Aït Oumaouche”. Et d’ajouter que “je ne demande que d’être rétabli dans mes droits, à savoir le lot de terrain que l’agence foncière m’a promis” et que “je ne demande rien de plus que ça”.Cependant, ce que nous devrons signaler dans cette affaire, que les seuls perdants dans cette situation sont les enfants de ce village qui ne méritent d’ailleurs pas un tel sort, alors qu’une solution dans ce cas leur sera très bénéfique, et les parents par le biais de l’association mise en place nourrissent quand même de grands espoirs pour que cela aboutisse à une solution positive. Pour finir nous pourrons dire ceci : “Combien mesure la construction d’un mur de soutènement qui avoisine les cent millions de centimes par rapport aux sommes colossales investies pour la construction de cette école, rien que pour offrir à nos enfants une meilleure scolarité avec des moyens adéquats ?”.

Medhouche Rahib