Accueil Kabylie L'huile d'olive coûtera plus cher

Aït Yahia Moussa

L'huile d'olive coûtera plus cher

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Si au moment de la floraison et de la formation des fruits (olives), les oléiculteurs espéraient une saison prospère, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

En effet, les feux de forêts qui ont ravagé pratiquement plus des deux tiers des oliveraies de cette municipalité rurale ont compromis cet espoir. Selon des chiffres non encore arrêtés, car les déclarations se poursuivent encore, plus de dix mille oliviers seraient touchés par cette catastrophe. «Il y a quelques arbres qui ont été seulement soufflés par les flammes. Mais, ceux-ci sont appelés à être remplacés par de jeunes plants. Même dans le cas où ils seraient élagués, ils ne produiraient rien pendant au moins trois à quatre ans en attendant leur régénération», nous explique un oléiculteur d’Ath Rahmoune. S’il est vrai que les ménages seront privés de ce produit aux mille remèdes, il est encore vrai que la rente de ces familles, basée essentiellement sur l’huile d’olive sera réduite à son strict minimum. «C’est notre seule ressource. Mais, nous avons presque tout perdu. Il ne nous reste rien. Certes, l’Etat a décidé de nous aider en nous donnant de jeunes plants. Cependant, je crois que ce n’est pas vraiment des aides parce qu’attendre jusqu’à ce que ces futurs oliviers produisent des olives, il faudrait au moins une dizaine d’années, voire plus», ajoute la même personne. D’ailleurs, il nous a été donné de constater que les quantités d’huiles provenant de la production de l’hiver dernier sont déjà convoitées par des revendeurs, parce qu’ils savent pertinemment que le prix va flamber. Actuellement, déjà son prix est passé de 700 dinars à 800 dinars. «Dans notre commune, il ne reste que le versant allant d’Ath Mouh Kaci jusqu’à Iâllalen et celui de Tafoughalt, sinon, tout le reste a brûlé. Vraiment, cet aliment de base nous manquera pour longtemps car à 800 dinars voire plus, les ménages dont les revenus sont moyens ne pourront pas se permettre ce luxe. Même ceux qui faisaient de cette activité la priorité en saison hivernale ne trouveront plus aucune oliveraie, même à co-exploiter avec son propriétaire», explique le même oléiculteur. Cela étant, pratiquement tous les habitants de cette commune devront réduire leur consommation d’huile. «Depuis des années, nous attendons l’ouverture de la piste promise qui ferait une ceinture pour notre village, on ne voit rien venir. Nous craignons que nos oliveraies subissent le même sort que celles de nos voisins des villages ravagés par les flammes. Et l’été n’est pas encore fini», nous répond un oléiculteur de Tafoughalt, qui jusque-là est épargné par les feux de forêts mais dont une grande partie avait été décimée quand même au début des années 2000 et en 2008.
Amar Ouramdane