Par DDK | 3 Décembre 2018 | 502 lecture(s)

Aïn El Hammam

L’école de filles sans cantine

Trois mois après la rentrée scolaire, l’école de filles située au centre-ville d’Aïn El Hammam, ne possède toujours pas de cantine. Les élèves, tout autant que leurs parents, se trouvent dans une situation peu enviable. Pour palier cette défaillance, certains pères n’ont pas trouvé mieux que de placer leurs enfants chez des riverains qui acceptent de leur assurer le déjeuner, pour la somme de trois mille dinars mensuels. Ce qui représente une somme importante pour un fonctionnaire ayant trois enfants scolarisés dans cet établissement. «Je suis contraint de recourir au privé», nous dit un agent d’administration dont le lieu de travail se trouve loin de la ville, ajoutant : «je ne peux pas les déplacer jusqu’à la maison, chaque jour à midi, ou toujours les nourrir de sandwichs froids préparés la veille à la maison.» Ils sont nombreux, comme lui à se rabattre sur ce procédé alors que d’autres comme cet enseignant, préfèrent payer la pension du plus jeune dans une crèche. Les habitants de la ville, eux, se plaignent surtout des déplacements à travers les ruelles et pendant les intempéries. «Quel que soit le temps qu’il fait, je viens la chercher, c’est plus sûr», nous dit une vieille grand-mère qui attendait sa petite fille devant l’école. A midi, tous les enfants étaient partis comme nous l’avons observé. Il est vrai qu’il est difficile d’offrir un sandwich ou un repas froid en guise de déjeuner, à des enfants de six ans. Le risque de maladies en ingurgitant tous les jours des repas servis dans des gargotes, dont certaines à l’hygiène douteuse, n’est pas à écarter. Les élèves de l’école du quartier «Sidi Ali Ouyahia» vivent la même situation. Leur cantine, comme celle de l’école du centre, est toujours en chantier. Malgré les réclamations des parents, les chantiers entamés concomitamment, depuis plus de trois ans, ne sont pas encore terminés. Même si on avance à la décharge des entreprises l’arrivée tardive des rallonges budgétaires. En effet, 6 000 000 de dinars pour une entreprise, et 6 500 000 dinars, pour l’autre, accordées par la wilaya pour terminer les travaux, n’ont pu arriver à temps à leurs destinataires suite au blocage de l’APC dont le budget supplémentaire n’avait pas été voté au moment opportun. Quelles que soient les raisons survenues pendant la réalisation des cantines, on ne peut ignorer que les jeunes potaches et leurs parents sont contraints de subir les conséquences de cette défaillance. Nous sommes en plein hiver et les températures, dans cette région montagneuse, ne cessent de baisser. Les concernés attendent avec impatience l’inauguration de ces cantines, promises pour le mois de décembre semblent s’éloigner encore un peu plus. Mais tant que les ouvriers continuent de travailler, il y a lieu d’espérer qu’elles ouvriront un jour.

A. O. T.

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