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Le recuI de l’olivier

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Si on doit symboliser la Kabylie par une plante, c’est à coup sûr l’olivier qu’il faudra choisir : cet arbre millénaire est, en effet, planté partout, sur les champs comme à l’orée des bois, sur les rives des cours d’eau comme sur les pentes des montagnes. C’est l’arbre qui s’adapte à tous les types de terrains, qui se contente de peu d’eau et qui donne des fruits en abondance ! Mais voilà, il y a des années, il y a des régions où les espoirs sont déçus : la production est insuffisante, voire même nuIle. Là où produit normalement deux cents litres, on n’en obtient plus qu’une cinquantaine de litres, ce qui fait, pour ceux qui vivent de l’huile, un manque à gagner considérable. En Kabylie, on a l’habitude d’expliquer ces saisons catastrophiques par la fatalité: ur yiriw ara ! ’’l’olivier n’a pas donné’’, ud yefka Rebti, ’’Dieu ne nous pas comblés’’. Certains disent même que la règle est ’’à une bonne année, succède toujours une mauvaise? mais, en réalité, les causes des mauvaises récoltes doivent être recherchées ailleurs. Ceux qui espèrent tant de rendement des oliviers sont souvent ceux qui les soignent le moins: combien, en effet, procèdent régulièrement à la taille, qui favorise la régénération des arbres ?. Combien aménagent des cuvettes et procèdent au débroussaillage ? Combien d’oléastres sont greffés par an pour renouveler les vieux arbres fatigués d’avoir trop donné ? On demande beaucoup à l’olivier mais on ne le ménage pas ! Mais, il n’y a pas que la négligence qui tue l’olivier : il y a aussi sa mise à mort délibérée, l’arrachage d’arbres souvent centenaires pour déblayer des terrains, construire des maisons, que l’on ferme souvent pour aIler habiter dans les villes… ll y a, enfin, les incendies qui détruisent tous les ans des centaines d’arbres.

S. Aït Larba