Accueil Kabylie Un établissement en souffrance

Un établissement en souffrance

1619

Maintes fois décriées, les conditions de travail qui prévalent au sein du lycée Imache Amar dans la commune de Béni Douala se présentent de mal en pis, et deviennent par la force des choses tout simplement insoutenables.héritage structural de l’ex-CEM Iboud, cet établissement converti officiellement en lycée en 1985-1986, après avoir été annexé à celui de Fadhma N’Soumer de Tizi Ouzou depuis 1983, a du subir une multitude de transformations pour parer aux différentes nécessités conjoncturelles.Aujourd’hui, comme par le passé, et en dépit de tous les efforts dont on peut se targuer, force est de constater que ce seul et unique établissement du secondaire que compte la région n’offre pas toutes les commodités requises pour une scolarisation normale, et il est loin de répondre aux besoins de la population scolaire de toute une daïra, avec essentiellement ses trois communes à savoir Béni Douala, Aït Mahmoud et Béni Aïssi.En effet, à peine 35 salles de cours et 6 laboratoires pour quelque chose comme 42 divisions pédagogiques accueillant un effectif global de 1647 élèves. Les classes de 1ère année sont hyperchargées avec des pics de 45 élèves et la classe spéciale de terminale est listée tenez-vous bien à 48 élèves.La majorité des locaux se trouvent dans un état de dégradation absolument déplorable et le mobilier tout simplement vétuste. Concernant le chauffage des classes, et même si le procédé est centralisé dans certains blocs, dans d’autres par contre, on utilise encore des poêles à mazout généralement défectueux empoisonnant de ce fait les élèves et tout ce qu’il y a autour lorsque l’on tente de les mettre en service. Et quand on connaît la rudesse de l’hiver dans une région aussi montagneuse comme Béni Douala, il y a forcément matière à réflexion.Sur le plan encadrement, l’on nous signale un déficit en enseignant de sport et autres corps communs. Le réfectoire, qui offre ses services pour 992 demi-pensionnaires, et en sus de son exiguïté souffre d’un manque terrible en moyens humains, et c’est le même constat qui se répète en matière d’entretien et de nettoyage des salles. Il va sans dire que cela n’est pas fait pour faciliter la tâche d’encadrer et de gérer un établissement d’une telle ampleur.’’Dur, dur d’être lycéen’’, nous fredonne cet élève de 1ère année secondaire qui subit dans la douleur ces conditions qui lui sont imposées.A cela s’ajoute un autre problème épineux : il s’agit malheureusement du problème de transport auquel se confrontent beaucoup de lycéennes et de lycéens, notamment ceux des villages éloignés. Sur un tout autre plan, et hormis la bibliothèque qui est dotée de plus de 6 000 ouvrages, selon notre source, le côté loisir se conjugue ’’aux oubliettes’’, et le projet du lancement du laboratoire informatique n’est toujours pas d’actualité et ce, à cause de diverses contraintes. Heureusement qu’il y a cette association toute naissante dénommée ’’Assirem’’ qui vient à point nommé, pour relancer les activités culturelles et sportives.Aussi noir que ce tableau puisse paraître, cela reflète sans exagération aucune la réalité du terrain. Il y a donc du pain sur la planche pour l’ensemble des intervenants à l’intérieur de cette institution éducative, et à leur tête la nouvelle directrice.Ceci étant dit, et compte tenu de la capacité d’accueil de cet établissement qui s’est toujours avéré en déça des besoins des Ath Douala, il est donc impératif à ce que les autorités compétentes songent à combler ces carences en optant pour des solutions définitives avec pour l’implantation d’autres nouveaux lycées. Et là, nous sommes même tentés de dire que les deux communes d’Aït Mahmoud et de Béni Aïssi doivent nécessairement disposer aujourd’hui de leurs propres lycées et qu’un autre lycée au niveau du chef-lieu de daïra s’impose aussi de fait. Cela évitera bien des désagréments à nos enfants. C’est aussi cela le rôle et le devoir des adultes envers notre progéniture et envers cette région qui mérite bien des égards de la part des pouvoirs publics, car même s’il faut admettre que la conquête du savoir c’est aussi des sacrifices à consentir, il est également établi que la réussite du système éducatif ne peut pas se faire en l’absence d’un climat serein et d’un cadre de travail adéquat.En somme, et en attendant des jours meilleurs, nos élèves doivent encore s’armer de beaucoup de courage et d’abnégation car l’attente risque d’être encore très longue à moins que !

H. Abdenour