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Une filiere en plein épanouissement

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La friperie apparue vers les années 90, tend aujourd’hui à se généraliser. Le nombre de clients qui s’y approvisionnent a connu une hausse importante. Ce qui ne manquera pas de faire des heureux dans la filière.

Les nombreuses friperies qui étalent leurs multiples produits se frottent les mains et se disent certainement “pourvu que cela dure”. Leurs haillons et leurs godasses sortis droit d’un autre âge se vendent comme des petits pains. Un marché qui, si la situation financière des citoyens ne s’améliore pas, celle-ci étant au rouge, a encore de très beaux jours devant.

On pourrait même avancer que cette activité sera l’une des rares filières qui survivra à la crise sociale et économique qui minent la société algérienne.

Qu’il est désolant et regrettable de constater que l’Algérien, fait fi de sa fierté et ses exigences en matière d’habillement, se rabattre sur du “chiffon” sans gène et sans retenue. Il faut bien se vêtir et vêtir les siens. L’hiver est rude et les bourses maigres.Dans le temps (quelques années auparavant), il n’y avait que les nécessiteux et les plus démunis qui osaient s’approcher de ces tas “de semblants de vêtements” et dans une discrétion totale lorsque cela est possible.

Aujourd’hui, ce sont presque tous les ouvriers, les fonctionnaires et les mal payés qui fréquentent les rayons des friperies sans avoir peur d’être vus. Le gens sont obligés d’exposer au grand jour leur incapacité à faire face à la cherté et à la précarité qui frappent de plein fouet les bas salaires et la moyenne classe sociale qui a fini par rejoindre le bas du tableau.

Dans notre virée au marché de Souk El Tenine pendant le week-end dernier, il nous a été donné l’occasion de constater l’abondance des produits de friperie, cela va du T-shirt, à la chemise, blousons, manteaux, souliers, à l’over coat, pantalons de cirque en passant par les habits destinés aux enfants. Tout est disponible et à moindre coût.

Les marchandages vont bon train et des habits qui valent trois fois rien se vendent comme des petits pains. Il nous a été également donné l’occasion de mesurer l’ampleur de la misère chez nos concitoyens. Pendant ce temps nous avons jugé utile de faire un tour du côté des boutiques de vêtements neufs, nous n’avons rencontré que les propriétaires lassés et déçus par la désertion des clients.

Cela s’explique, nous avouera un d’entre eux : “Face à l’augmentation du coût de la vie et à la cherté des produits neufs et au salaire de misère que perçoivent les ouvriers, il est normal que les pères se rabattent sur le chiffon au risque de se mettre en danger. Les gens n’ont guère les choix”.

En effet, ils n’ont pas d’autres solutions, quant à ceux qui détiennent les clés, il est grand temps de desserrer l’étau pour permettre” à l’algérien de respirer de nouveau.

Ce ne sera pas les 15 000 DA du SMIG qui changeront l’état des citoyens d’ici bas. Il faut signaler que pour le moment les gens se rabattent sur des produits de mauvaise qualité et acheter des vêtements d’occasions pour se vêtir.

H. T.