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Amalou - à cause du manque de commodités dans les villages

L’exode rural s’amplifie

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«Le problème de l’exode rural a toujours existé mais depuis quelques années, il a tendance à s’amplifier», fait remarquer un fonctionnaire de l’éducation, habitant le chef-lieu communal.

Plusieurs villages éloignés du chef-lieu de la commune d’Amalou, endurent les affres du manque de navettes publiques de transport des voyageurs. En effet, beaucoup de témoignages de citoyens de la commune dénoncent cet état de fait, particulièrement pour les villages Tighremine, Ath Djaâd, Tizi Lemnaâ. «Pour rallier le chef-lieu de la commune ou une ville de la vallée de la Soummam, les citoyens de ces localités recourent invariablement au système D», soutient Mustapha, un citoyen du village Ath Djaâd. «Quand on n’a pas la chance de posséder un véhicule ou de disposer d’une monture à quatre pattes, il ne faut compter que sur ses deux jambes pour se déplacer», dira un autre campagnard du village Ath Djaâd, l’un des plus reculés et enclavés de la circonscription. «Avec une densité de population aussi dérisoire, aucun transporteur privé ne serait tenté de desservir nos patelins, rentabilité oblige», affirme un retraité originaire du village Tighermine. «Avec toute l’indigence matérielle qui sévit, conjuguée au calvaire du manque de transport, notre village se viderait inexorablement de ses habitants», conjecture-t-il. Ce mouvement d’exode est, du reste, une amère réalité qui affecte, nous dit-on, plusieurs localités de cette circonscription rurale. «Le problème de l’exode rural a toujours existé mais depuis quelques années, il a tendance à s’amplifier», fait remarquer un fonctionnaire de l’éducation, habitant le chef-lieu communal. «C’est vrai que le programme de l’habitat rural a contribué dans une large mesure à freiner ce mouvement, mais pour inverser la tendance, il faut assurément beaucoup plus que des logements», a-t-il tenu à préciser.Pour notre interlocuteur, le mal est plus profond. Il découle de la désagrégation de l’économie agro pastorale et de l’expansion du chômage. «Pour indispensables qu’ils soient, un toit, l’école ou l’électricité ne suffisent pas à la fixation de la population rurale. Il faut donner du travail aux gens pour les convaincre de rester», ajouta-t-il.

N. Maouche