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Béjaïa : Fabriquée et commercialisée à travers des circuits informels

La chique de tous les dangers !

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La fabrication et la commercialisation de la chique, connue sous le nom de chemma, connaissent une ascension fulgurante, ces dernières années.

En effet, des artisans confectionnent de grandes quantités de ce genre de tabac pour les écouler dans les circuits de l’informel. Ses prix défiant toute concurrence, nonobstant sa qualité médiocre, font que ce tabac artisanal soit prisé par un large pan de consommateurs. Les conditions de sa fabrication sont déplorables. Il est confectionné manuellement sans respect des règles d’hygiène. Toutefois, le pire dans tout cela, ce sont les éléments qui entrent dans la confection de ce tabac qui donnent des soucis. Dans le milieu de cette petite industrie artisanale, des indiscrétions parlent de mélanges de matières douteuses et dangereuses avec les feuilles de ce tabac broyées. Interrogé sur la façon avec laquelle est fabriquée la chique, un ancien artisan en exercice nous expliquera : « Il faut tout d’abord assécher les feuillets du tabac, ensuite les broyer soit avec la main, ou un appareil. Après le broyage, on mélange le tabac avec les cendres d’écorces de figuier ou de ceux d’une plante appelé Tilegouit, tout en aspergeant au même moment avec des gouttes d’eau. C’est comme cela que l’on obtient la chique traditionnelle », résume notre interlocuteur, qui vend ce tabac dans tous les marchés hebdomadaires qui se tiennent dans la vallée de la Soummam. Mais, même si ce procédé demeure artisanal est peu hygiénique, il n’en demeure pas moins que des fabricants confectionnent la chique en mélangeant des matières dangereuses pour la santé du consommateur. Notre interlocuteur, qui ne vit que de la fabrication et du commerce de ce produit, mettra en garde en ces termes : « Il y a des fabricants sans scrupules, qui, au lieu de mélanger au tabac broyé des cendres naturelles, rajoutent des éléments très dangereux, comme les cendres des pneus, du caoutchouc, de la teinte verte, de la poudre du piment et même de l’acide pour rendre le tabac très piquant ! ». Cette révélation ne souffre d’aucune équivoque, du moment que la chique est fabriquée loin de tous les regards dans des ateliers clandestins. Mais le comble, elle est commercialisée sous le regard des autorités confondues. A raison de 15 DA la pochette, la fabrication artisanale de la chique a de beaux jours devant elle.

Syphax Y.