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OUED GHIR - Attribution des 450 logements sociaux

La colère des exclus

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Des dizaines de personnes sont montées au créneau pour manifester et contester leur exclusion de la liste des bénéficiaires de logements sociaux, rendue publique ces derniers jours à Oued Ghir.

Les contestataires demandent aux responsables de l’APC éponyme, au chef de daïra ainsi qu’à la commission de wilaya de revoir et d’enquêter sur leurs cas car, selon eux, ils occupent des logements indécents et vivent dans des conditions insupportables, dans des taudis dépourvus des commodités les plus élémentaires. Pour rappel, les 450 logements de type social ont fait couler beaucoup d’encre. Déjà une liste a été affichée en 2014, laquelle a suscité moult réclamations de la part des habitants locaux, notamment les personnes ayant déposé leurs dossiers afin de bénéficier de ce type de logement. Quatre ans plus tard, une liste définitive a été rendue par l’APC, où 326 dossiers ont été retenus et 124 rejetés. Ces derniers n’en démordent pas quant à leur exclusion par la commission de wilaya après l’opération de recours introduite par les citoyens d’Oued Ghir. Selon les «exclus» dudit quota, leur éviction est injuste car, bon nombre d’entre eux soutiennent qu’aucune justification ne leur a été avancée. Ils estiment que la majorité de ces familles remplissent les conditions. «J’ai introduit ma demande en 2005, laquelle a été acceptée, en sus, en 2014, je figurais sur la liste des bénéficiaires. Mais, à ma grande surprise, le 11 avril 2018, une liste définitive a été rendue publique, dans laquelle mon nom ne figure guère. Je me suis rapproché du premier magistrat de la commune, mais ce dernier m’informa que c’est la commission de wilaya qui a pris la décision d’exclure des dizaines de demandes», dira, dépité, un père de famille, ayant requis l’anonymat. Et d’ajouter : «Pour avoir le cœur net, je me suis orienté vers la commission de wilaya, mais cette dernière n’a avancé aucun argument. Mon dossier remplit toutes les conditions. Père de cinq enfants, vivant dans un abri de fortune, de surcroit, en tant que locataire depuis 2001». Ces mêmes demandeurs se sont sentis lésés, voire défavorisés par les services de l’administration. De nombreuses personnes très remontées ont exprimé leur désarroi et leur indignation. «Nous sommes exténués, fatigués, désemparés de cette longue attente qui finalement n’a point abouti et nous nous retrouvons au même point de départ», témoigne l’un d’eux. «Notre situation est très critique, on a des enfants à charge, des dépenses qui montent crescendo et nous vivons dans des conditions très difficiles», se plaint un autre. Suite à une série de réclamations observées par ces contestataires, ces derniers ont été sommés de présenter un certificat négatif délivré par les domaines en attendant de voir leur dossier réévalué. «Nous ne comptons pas rester les bras croisés à ce déni qui ne dit pas son nom. Nous allons saisir les autorités compétentes pour faire valoir nos droits. Nous vivons dans des conditions déplorables depuis des lustres, et au grand dam des dizaines de familles, nous avons vu notre rêve s’évaporer du jour au lendemain», dixit un autre contestataire. Les protestataires accusent les membres de la commission de daïra, chargée de l’étude des dossiers de demandeurs de logement, de « clientélisme » et ont également appelé au respect des critères d’attribution, en donnant notamment la priorité aux citoyens dont les demandes datent de plusieurs années. D’autres réfractaires, qui s’estiment victimes, n’ont pas caché leur colère face à ce qu’ils appellent de « l’injustice ». Ils ont ainsi exigé la mise en place d’une commission d’enquête pour mettre la lumière sur l’établissement de la liste des bénéficiaires.

Bachir Djaider