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Béjaïa : L’activité libérale pour contourner le chômage

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A l’instar des autres régions du pays, Béjaïa enregistre un taux de chômage très élevé. Même les universitaires peinent à trouver un travail. Parfois, même les petits boulots sont inaccessibles pour cette génération perdue. Beaucoup de jeunes Algériens se sentent marginalisés et n’ont d’autres perspectives que de se suicider ou de fuir la terre qui les a vus naître. Devant cette situation lamentable, des jeunes s’inventent des espaces plus cléments pour dépasser le marasme social, qui semble incommensurable. Les communes montagneuses de la wilaya sont devenues des endroits propices à l’aviculture. En effet, ces derniers temps, ces régions éloignées et enclavées ont connu une prolifération de poulaillers. La commune d’Akfadou, par exemple, située à 60 kilomètres de la ville de Béjaïa, dispose à elle seule, d’une trentaine de poulaillers. Entre la poule de chaire, la poule pondeuse et la caille, les jeunes investisseurs choisissent leur créneau. Ces éleveurs ont investi leur argent dans des coins perdus, «là où la vie s’arrête », comme ont dit communément par ironie. Ici, les paysans travaillent au noir. Certains de ces éleveurs sont des diplômés universitaires, ayant des parents retraités, qui se sont fait un job loin de leur spécialité. Ce n’est pas un choix mais plutôt une contrainte, ou carrément une adaptation. Le poulet produit localement est livré aux quatre coins de la wilaya et même ailleurs. La plupart des éleveurs ont même des clients à Alger et au sud du pays. «Après mon ingéniorat en statistiques et planification, et plus de quatre ans de chômage, j’ai décidé de créer ma propre affaire. Grâce à l’aide financière de mon père, j’ai crée un poulailler d’une capacité de 2 000 poules. Je me suis donné entièrement à ce projet qui m’a permis de retrouver ma dignité. Une dignité que je n’ai pas pu avoir avec mes études poussées. Maintenant, je compte investir d’avantage dans ce domaine et permettre à beaucoup de jeunes chômeurs de travailler. A l’avenir, je vais me lancer dans l’élevage de la perdrix», nous dit Kaci, habitant de la bourgade des Ath Mansour.

Ali Remzi