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AKBOU - Ni infrastructure, ni programme artistique…

Ambiance nocturne morose

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Faute d’infrastructures, rien ou presque n’est prévu pour animer la ville d’Akbou durant ce mois du Ramadhan. Ni les activités culturelles, ni les tournois sportifs qui demeuraient ces dernières années une tradition pour les organisateurs ne figurent cette année au menu pour ce mois sacré ! Certains responsables justifient «ce désert culturel et sportif» par les événements qui secouent actuellement le pays !

D’autres évoquent le manque d’infrastructures dont souffre la municipalité. Et pourtant la commune d’Akbou recèle d’énormes atouts. Près de 100 000 habitants, une manne financière considérable avec un budget annuel dépassant les 100 milliards de centimes, une superficie immense qui s’étend sur 52,18 km². La ville d’Akbou avec toutes ces potentialités offre cependant une image d’une ville morte où les jeunes trouvent du mal à vivre pleinement leur jeunesse et trouver leurs marques dans la société, notamment durant ces soirées ramadanesques.

L’organe communal ou le comité des fêtes «Alliance», à qui incombe la tâche d’organiser des fêtes ou des soirées artistiques, n’est pas «réactivé». «Alliance n’est pas encore doté d’argent», nous avoue M. Aziz Djedda, vice P/APC chargé des affaires sociales et de la jeunesse. Hormis quelques activités animées par des associations ancrées dans la région, rien ne fait le bonheur des milliers de familles. Ajoutons à cela les coupures d’électricités agaçantes compliquant la vie des Akbouciens notamment durant ces jours où les températures ont monté d’un cran.

Il suffit de faire, d’ailleurs, un tour dans la nouvelle ville à Akbou, notamment au quartier du Stade, tout près du lycée Hafsa, pour constater des groupes de jeunes désœuvrés et livrés à eux-mêmes. Des jeunes qui collent aux murs, ne sachant que faire de leur temps à la fleur de l’âge. Pour ceux qui ont un talent ou un don caché, il s’avère très difficile de l’exploiter vu le manque effrayant de centre de loisirs, de médiathèque ou de centre culturel à même de prendre en charge cet immense potentiel humain.

Sur le volet sportif, le CCS a brillé jusque-là par son absence. «le CCS, qu’on a coutume de voir organiser des compétitions sportives notamment en cette période estivale, se trouve dans l’incapacité d’organiser des événements ou tournois sportifs car il ne dispose ni de moyens humains ni de moyens financiers», dira M. Merabet Omer, vice-président de l’organe communal et président du club CFA (Club Football Akbou). Même au fameux Stade des martyrs, rien n’y est prévu.

Malgré son état de dégradation avancée, le stade abritait chaque année un grand tournoi de football regroupant plusieurs villages de toute la vallée de la Soummam. L’année passée, le CFA avait organisé la première édition de tournoi Futsal de la Soummam au niveau de la salle bleue OPOD de Guendouza. La deuxième édition n’est plus envisageable pour cette année. «La première édition nous a coûté très cher. Vu notre situation financière réduite, nous avons décidé de surseoir cette année à ce tournoi», expliquera M. Merabet. Durant la première semaine de ce début de Ramadhan, seules, les mosquées et les cafétérias connaissent une grande affluence.Dans des cafétérias, on assiste souvent à ces jeux qui sont devenus, au fur et à mesure, une tradition populaire. Jeux de cartes, rami, belotte, loto, dominos, tels sont, en effet, les rares loisirs des noctambules d’Akbou.

Menad Chalal