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OUZELLAGUEN - ZAC de Hellouane

Des entreprises au bord du gouffre

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L’activité économique et commerciale dans la ZAC de Hellouane, dans la commune d’Ouzellaguen, a du plomb dans l’aile. Des patrons d’entreprises soutiennent que la récession, qui s’est installé durablement, a balayé bien des espoirs et précipité le naufrage de certaines unités parmi les moins résilientes, avec pour conséquence des dizaines de travailleurs au chômage. «Il n’y a plus qu’une poignée d’unités qui fonctionnent encore, mais elles sont loin de leur rendement optimale. Elles tournent avec un personnel réduit. Elles sont durement affectées par la baisse de leurs plans de charge», dira le gérant d’une SARL, confessant que sa propre affaire est plus proche que jamais de la cessation de paiement.

«Depuis plus de dix ans que j’opère dans cette ZAC, jamais mon chiffre d’affaires n’a enregistré une chute aussi brutale. Les affaires sont au plus mal, et si cette situation défavorable devait perdurer, il y a fort à craindre qu’on doive fermer purement et simplement», suppute le patron d’une autre entreprise activant sur le site. Notre interlocuteur a avoué avoir mis une partie de ses employés au chômage technique, en attendant une improbable embellie. La trajectoire des affaires, a-t-on confessé, a fluctué depuis plus de quatre ans entre délocalisation d’actifs et gel d’investissement, avec pour unique finalité : la cessation d’activité et la précarisation d’un grand nombre de travailleurs.

«L’environnement n’est plus propice à l’exercice d’une activité économique, encore moins à l’ébauche d’un quelconque projet d’investissement. La baisse de la commande publique, le manque de visibilité et la concurrence déloyale ont poussé beaucoup de porteurs de projets à différer leur concrétisation, en attendant d’y voir plus clair. Les entreprises qui sont sur le terrain sont, soit entrées en récession, soit mises sous scellés», témoigne le cadre d’une entreprise privée établie dans cette ZAC.

Par ailleurs, des operateurs économiques de la place font état de l’accaparement de lots de terrain de ce foncier industriel. Un patrimoine dormant qui ne dégage aucune plus-value, dès lors qu’il fait l’objet de spéculation ou qu’il est détourné de sa vocation initiale. «Il y a des lots qui n’ont jamais été exploités pour la création d’activité et d’emplois. Certains opérateurs, qui ont pignon sur rue, ont déployé un semblant d’activité durant un temps, avant de transférer leurs actifs, laissant leur terrain en jachère», a révélé le propriétaire d’une PME.
Nacer M.