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IGHRAM - Trois salles de soins sur six non opérationnelles

La désertification médicale s’accentue

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En tout, il y a six salles de soins réparties à travers les différents villages de la commune rurale d’Ighram, dont seulement trois sont en service. Les salles de soins existant dans les villages de Tizi Maali, Thazaghart ainsi que Thighilt Makhlouf sont à l’arrêt depuis belle lurette. Faute de personnel, d’équipements et vu leur état dégradé, les dispensaires de ces régions ont dû interrompre leur service. D’ailleurs, pendant leur courte durée de fonctionnement, ils n’avaient droit qu’à un seul infirmier qui venait une fois par semaine pour un service de quatre heures.

Devant cet état de fait, les villageois sont contraints de parcourir des dizaines de kilomètres pour une simple injection ou un pansement. «Au départ, la salle était dirigée par un seul infirmier qui venait chaque lundi pour travailler uniquement la matinée. Ce qui fait que la plupart du temps, la salle demeurait sans personnel et par la suite, le service était complètement suspendu.

Dans ce cas, nous sommes obligés d’aller dans les centres sanitaires les plus proches pour de simples consultations», fulmine un habitant de Tizi Maali. Pour la salle de soins du village Tazaghart, «elle n’est même pas inscrite à ce jour dans la nomenclature du secteur de la santé de la willaya», argumentera M. Samir Ouazar, adjoint du P/APC chargé du développement local. Ainsi, pour l’unité de soins de Thighilt Makhlouf, des travaux d’entretien sont effectués, après 13 ans d’abandon. «On attend juste l’affectation d’un infirmier au niveau de l’EPSP de Tazmalt», ajoutera-t-il.

La «désertification médicale» risque de durer dans cette pauvre commune distante de 7 km du chef-lieu de la daïra d’Akbou. Il suffit juste de rappeler qu’Ighram est parmi les rares communes à l’échelle nationale qui ne dispose pas encore d’une polyclinique digne de ce nom pour que le citoyen lambda ait accès aux services de la santé. «Pour l’instant, aucun projet de ce genre n’est inscrit au niveau sectoriel, au profit de cette commune», apprend-on de la part de M. Kourta, chef de service au niveau de l’ESPS. Dans le passé, il y avait une volonté de transformer la brigade des gardes communaux en un service des urgences ou une polyclinique mais depuis rien n’a été concrétisé, ajoute-t-on.

«En principe et lors de la dernière réunion, nous avons dégagé dans le cadre du programme FCCL 2,2 milliards de centimes pour reconvertir les locaux de la police communale en polyclinique», a-t-on appris de M. Ouazar. Quant à leur aménagement, les responsables locaux estiment «qu’il ne constitue un pas un problème. Cependant, l’aménagement tout seul ne suffira pas car les problèmes du personnel et des équipements seront toujours posés». C’est au DSPS (domaine sécurité prévention et santé) auquel revient de garantir tous les équipements nécessaires ainsi que le personnel.

L’institution sanitaire existe bel et bien à Akbou mais elle est dirigée par les services administratifs de la daïra de Tazmalt, chose qui a provoqué un énorme déséquilibre au niveau de la fourniture des équipements.

Menad Chalal