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Abattage du poulet

La réglementation de plus en plus bafouée

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L’abattage des volailles en dehors du circuit réglementaire reprend de plus belle ces derniers jours dans plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa. Il s’agit notamment d’Amizour, Barbacha et Timezrit et autres, où des vendeurs à la sauvette n’ont de soucis que d’écouler le maximum de leur marchandise, plus particulièrement celle du poulet frais.

C’est dire aussi que les arrêtés 258 et 266 du 22 février 2009 portant l’interdiction absolue de vente et d’abattage en dehors des abattoirs agréés, sont obsolètes et mis aux oubliettes pour laisser libre champs à ces vendeurs qui défient toute interdiction et agissent au vu et au su même des autorités.

Qu’il soit au bord de la route, dans les marchés ou quelques fois au niveau des places publiques, cette activité illicite refait surface ou l’on propose la vente à des prix disant «intéressants» de grandes quantités de poulets vivants ou abattus sur place et déplumés. C’est, d’ailleurs, cette manière d’abattage qui fait réagir des vétérinaires quant au risque majeur et au danger de consommation de cette viande non contrôlée et susceptible de véhiculer des maladies à ses consommateurs.

«L’abattage de poulet en dehors des abattoirs agréés est une activité illicite et un phénomène dangereux qui peut porter atteinte à la santé du consommateur avec le risque majeur d’apparition de certaines maladies, telles que les salmonelloses et aussi les intoxications», indiqua Dr Yousfi, vétérinaire inspecteur auprès de la subdivision agricole d’Amizour. Notre interlocuteur soulève aussi le problème du dopage de la volaille par des antibiotiques à la recherche d’un poids en un temps recours et qui pourrait constituer aussi un autre risque pour la santé du consommateur.

Cela dit, il est devenu difficile, voire impossible, aux vétérinaires de pouvoir contrôler ces viandes blanches vendues en dehors du circuit réglementé, ajouter à cela le comportement du consommateur en général qui cherche le plus bas prix. «J’ai souvent l’habitude d’acheter du poulet vivant chez ces vendeurs car je trouve que les prix sont raisonnables par rapport à ceux du poulet vidé vendu chez les bouchers, surtout pour des petits salaires comme le mien», rétorque un client de ces coins, mais qui avoue ne connaître rien de ces maladies transmises par les viandes.

Tout reste à revoir par conséquent car, à la vie sociale pas tout à fait bonne de la plupart des citoyens, s’ajoute l’ingérence mais aussi la négligence de prendre soin de sa santé. Toutefois, il est impératif de protéger la santé et la vie du citoyen. Notre vétérinaire est catégorique là-dessus : «Il faut que le citoyen évite ces viandes blanches vendues dans des endroits douteux et non contrôlés». Reste, d’autre part, le travail des services de sécurité pour dissuader, dans un premier temps, ces vendeurs insoucieux et puis réprimer les plus récalcitrants.

Nadir Touati