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Le curage des avaloirs non lancé

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Alors que la saison des pluies arrive, les autorités locales de Béjaïa tardent à lancer les opérations de curage des oueds, des avaloirs et des réseaux d’assainissement et autres ouvrages annexes. A Béjaïa ville, où plusieurs quartiers sont menacés par des inondations, les actions de nettoiement des avaloirs et autres conduites de drainage des eaux de pluie, initiées jusqu’à maintenant, restent timides. Et pourtant, la menace imprévisible mais bien réelle des crues automnales hante d’ores et déjà les esprits des habitants de la partie basse de la commune.

Et les dernières averses en sont la preuve. Plusieurs tronçons routiers avaient été submergés par les eaux, perturbant sérieusement la circulation, notamment sur la route d’Aâmriw et celle de l’université. Les autorités locales doivent normalement avoir en mémoire les pluies, tombées un certain matin d’octobre 2007, où toute la plaine de la ville a été inondée, à tel point qu’au niveau de la cour de justice, de l’université de Targa Ouzemmour et d’autres places, les voitures ont été emportées par la force des eaux sur plusieurs mètres.

Dès lors, les deux trémies de la ville ont vite été transformées en piscines boueuses. La rue Salah Bourbaba, qui descend d’El-Houma à Ouvazine, et la RN 24, au niveau de Tala-Ouriane, étaient devenues de véritables oueds en crue, dont les torrents charriaient, sur leur passage, planches et gravats, à telle enseigne qu’ils avaient formé de véritables digues dépassant un mètre de hauteur. Ainsi, la circulation automobile à Béjaïa était devenue, ce jour-là, un véritable parcours du combattant.

Il ne s’agissait là pourtant que de pluies automnales, mais auxquelles la ville de Béjaïa n’a pas pu faire face. Que se passerait-il si le grand barrage de Tichi Haf, suite à une catastrophe naturelle ou autre, venait à céder ? L’on se rappelle encore de décembre 2002, où juste une petite digue en terre avait cédé. Des dégâts avaient alors été causés aux berges de la Soummam, notamment à Sidi-Aïch et Amizour. L’aéroport avait également été fermé pendant plusieurs semaines.

Dans les localités d’Ireyahen et Tala Hamza, où la hauteur des eaux avait atteint plus d’un mètre et demi de hauteur, même les éléments de la Protection civile n’avaient pas osé s’aventurer bien qu’équipés de zodiacs, de peur qu’un piquet planté sur le bord de la route ne crève leurs embarcations.

Quant aux habitants de Sidi Ali Lebhar, ils n’ont dû leur salut qu’aux grands et hauts camions de la commune. En ce qui concerne Aboudaou, qui n’était à l’époque qu’un vaste no mans land, les eaux boueuses, qui stagnaient, en ont fait un marécage infranchissable. Qu’en est-il, aujourd’hui, de la Protection de la ville et de ses dispositifs contre les inondations ? Sur papier, il est prévu «outre la protection de la ville de Béjaïa, la protection des zones d’Aboudaou, d’Ireyahen, de Sidi Ali Lebhar et de Tala Hamza». Connaissant la configuration géographique de Béjaïa, qui est une sorte de grande cuvette, un réceptacle des montagnes qui l’entourent, ses habitants peuvent-ils vraiment dormir tranquilles quand ils entendent gronder le tonnerre ?

F. A. B.