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TIBANE - Village Maxene

Une stèle à la mémoire de neuf chouhada

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Une stèle a été inaugurée, samedi dernier, au village Maxene, situé à quelques jets de pierre du chef-lieu de la commune de Tibane. La cérémonie a eu lieu en présence des habitants, des autorités locales, du P/APW de Béjaïa, de représentants de l’ONM et de l’ONEC. Une gerbe de fleur a été déposée au piédestal de la stèle érigée à la mémoire des neuf martyrs de la région tombés au champ d’honneur le 2 juin 1956. Il s’agit des chouhada Belaid Larbi, Djaout Arezki, Djaout Tahar, Semmani Md Arezki, Zabli Saïd, Haddim Ali, Haddouche Rabah, Mansouri Saïd et Mansouri Lahcene, qui ont été glorifiés et leurs noms gravés sur une plaque commémorative, dressée à leur honneur.

Cette cérémonie à laquelle a pris part la population locale dans toute sa diversité, a été organisée de fort belle manière, et à juste titre, à la hauteur de la valeur morale, de l’esprit vaillant et de l’engagement nationaliste de ces martyrs. Pour rappel, l’armée française avait déployé tout un arsenal pour mettre à feu et à sang ledit village. Neuf personnes ont été fusillées de sang-froid dans la place publique du village tout en obligeant les habitants à quitter leurs domiciles pris par les flammes.

Le comité de village, de concert avec l’APC de Tibane, a pris l’initiative d’ériger une stèle pour qu’elle soit un témoin de tous les sacrifices d’un village martyr que d’aucuns ne peuvent nier. Les villageois ont voulu marquer d’une estampille indélébile la mémoire de leurs aïeux, voués corps et âme au combat libérateur, ô combien glorieux et juste. Les intervenants ont mis en exergue la bravoure et la témérité de ces hommes ayant irrigué de leurs sangs cette terre noble pour que ses enfants puissent vivre libres et indépendants.

Le président de l’APX de Béjaïa, M’henni Haddadou, a mis l’accent sur l’importance d’une telle initiative dans la préservation de la mémoire collective, tout en rappelant à l’assistance les sacrifices de cette région montagneuse ayant payé un lourd tribut à soldatesque coloniale. Cette sépulture érigée à leur effigie a été inaugurée dans un moment qui a marqué les esprits et qui consolidera davantage la mémoire collective, tant cet événement a suscité une émotion grandissante parmi l’assistance. L’événement n’a pas été sans jaillir un sentiment de fierté d’avoir «enfin» accompli le devoir moral, celui de ressusciter la mémoire de leurs martyrs, quand bien même ils n’ont jamais été oubliés. La clôture a donné lieu à une conviviale collation à laquelle ont pris part tous les présents.

Bachir Djaider