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M’Chedallah La gestion du précieux liquide dans la commune n’est pas du ressort de l’ADE

Les robinets à sec

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Des groupes de citoyens ont afflué ce dimanche vers l’APC de M’Chedallah pour dénoncer la rupture de l’alimentation en eau potable dans leurs quartiers respectifs tout en exigeant des explications.

Le P/APC n’étant pas dans son bureau, c’est sur ses adjoints que ces citoyens ont déversé leur colère cela après avoir en premier lieu fait de même aux sièges de l’ADE et de daïra. Les protestataires ne comprennent pas que chacun des organismes donne une version différente pour expliquer cette pénurie d’eau de plus d’une semaine et qui risque de s’inscrire dans le temps. Dans un récent article (voir notre édition n°3064 du 16/06) nous avions tenté d’attirer l’attention des responsables concernés sur cet aboutissement final prévisible, suite à la détérioration de deux importantes conduites de refoulement de secours, qui alimentent Raffour le chef-lieu communal et sa périphérie. Les deux ouvrages ont subi des dégâts causés par les entreprises qui interviennent la première sur le projet d’un CEM à Raffour, la seconde au niveau du chantier des 150 logements sociaux à M’Chedallah. Cela, en parallèle à d’autres avaries sur des conduites secondaires. La majorité des agglomérations périphériques du chef- lieu sont ainsi privées d’eau potable depuis plus d’une semaine, tels que Ahriq Ouhedouch, Vou Akhlane, Avaâli, le quartier des 180 logements au niveau de la nouvelle ville et enfin une bonne partie de Raffour. La sonnette d’alarme ne semble être ni entendue ni tombée dans de bonnes oreilles, puisque ces avaries évoquées sont survenues depuis plus de 2 mois sur des conduites de secours auxquelles il est fait recours à chaque perturbation pour une quelconque raison du captage de la source noire ou à partir du moment ou le niveau de ce captage commence à baisser et le débit en nette diminution, dès les débuts de la saison chaude. Voila où conduit la négligence et le laisser-aller des gestionnaires de la chose publique, comme si cette région n’a pas vécu assez de mouvements de foule, le plus souvent violent et qu’on n’hésite pas à endosser à la manipulation, pour sauver la face et cacher des défaillances de gestion, qui se répercutent durement sur le vécu quotidien de la population, au point de la faire réagir violemment. Une population qui a déjà fait l’expérience que c’est le seul langage qui apporte ses fruits. Des routes barricadées, des administrations fermées durant plusieurs jours, sinon des semaines. Tel est le lot des évènements non pas sporadiques mais cycliques qui secouent la région et qui s’en vont crescendo depuis au moins une année. Cette histoire de pénurie à répétition d’eau risque de flamber la région une autre fois, notamment à l’approche du Ramadhan où les besoins en eau potable vont carrément doubler avec, en plus, les nerfs à fleur de peau et la colère facile.

L’ADE… s’en lave les mains

Approché pour de plus amples informations, concernant cette pénurie d’eau, survenue au mauvais moment, une source proche de l’Algérienne des eaux confirme la cause évoquée : soit les avaries survenues sur les deux réseaux de transport de l’AEP, concernant la baisse du débit de la source noire, notre…source s’en lave les mains et disculpe l’ADE qui, selon la même source, «n’a aucun droit de regard sur la source noire et son exploitation». Car, la commune de Saharidj où jaillit cette phénoménale source, est «l’une des communes dont la gestion de l’AEP n’est pas confiée à l’ADE». Notre interlocuteur a cependant omis de nous faire part du peu de moyens dont dispose l’ADE pour arriver à une exploitation rationnelle des réseaux des 5 communes qu’elle gère à savoir M’Chedallah, Thaourirth, Ahnif, Chorfa et enfin El Adjiba. Les cinq APC dont elle à la charge, l’ADE tente tant bien que mal de gérer ce secteur des plus sensibles avec des moyens dérisoires, soit avec une équipe d’intervention et d’entretien qui se limite à 5 ouvriers. 1 plombier, 2 soudeurs, 2 manœuvres et un conducteur au volant de l’unique engin (un rétrochargeur), qui constitue l’unique moyens matériel. Il y a bien une subdivision de l’hydraulique à M’Chedallah qui a de surcroît aménagé récemment dans un véritable palais flambant neuf à la nouvelle ville. Seulement, le programme d’activité de cet organisme s’arrête au suivi technique des projets du secteur en cours de réalisation. Une fois de plus, les pouvoirs publics sont vivement interpellés pour revoir le système de gestion de l’AEP et, pourquoi pas, arrêter un programme «spécial été», en collaboration avec tous les organismes concernés qui doivent, à notre avis, s’impliquer activement et unir leurs moyens respectifs pour réduire le manque de moyens, et faire ainsi face efficacement à la conjoncture saisonnière, afin d’éviter de nouveaux soulèvements de protestation contre la pénurie d’eau dans la plus riche région en matière hydrique au niveau de la wilaya de Bouira. Comme lors de l’opération de captage de la source noire, tous les regards sont à l’heure actuelle braqués sur le barrage de Tilesdit. Et l’arrivée de son eau dans la région, au détriment des ressources locales en déperdition.

Oulaid Soualah