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Chorfa Ils sont jetés dans la nature sans respect du cahier des charges

Les déchets avicoles de tous les dangers

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L’aviculture dans la commune de Chorfa connaît un franc succès, en ce sens qu’elle demeure l’une des filières agricoles les plus en vogue dans cette région. Dans tous les villages que compte cette municipalité à l’instar du chef-lieu, Toghza, Tiksighidène et Chokrane, l’on dénombre des dizaines d’unités avicoles qui sont en activité. Il y existe des aviculteurs qui ont opté pour la poule pondeuse, d’autres pour le poulet de chair, ou bien ceux-là encore qui préfèrent élever des poussins dans des couvoirs. Néanmoins, parmi ces aviculteurs, il y a ceux qui travaillent au noir, ou en d’autres termes, ils ne sont pas régularisés, ce qui fait que leurs produits sont écoulés dans le circuit de l’informel, sans aucun contrôle. Ces aviculteurs échappent au fisc et au contrôle sanitaire ; d’où le souci sur la santé du consommateur notamment. Néanmoins, comme toute activité dite classée, l’aviculture engendre des désagréments et pollue l’environnement, avec les différents déchets que provoque cette activité. Pour en savoir un peu plus sur cette situation, nous nous sommes rendus au service de l’environnement et de l’hygiène de l’APC de Chorfa. Là l’ingénieur de l’environnement nous a fourni beaucoup d’informations sur cette activité et ses répercussions négatives sur l’environnement, résultant du non-respect du cahier des charges. « Ce ne sont pas tous les aviculteurs, heureusement, qui enfreignent la loi régissant cette activité mais il y en a ceux qui le font malheureusement! », constate amèrement l’ingénieur. Selon notre source, les poulaillers doivent être érigés à une distance de 100 mètres au moins des habitations, « car, poursuit-elle, les effets néfastes de l’aviculture se manifestent sous forme de fortes odeurs désagréables, de la pollution sonore, à travers le bruit des extracteurs, des piaillements des poulets,…les maladies respiratoires, comme l’allergie, car les poulets dégagent une poudre fine qui provoque des réactions allergiques. Et enfin, il y a la fiente, qui est hautement polluante. Elle est constituée essentiellement de nitrates, un composé chimique toxique qui peut polluer l’eau, les plantes et le sol. Ces déchets, en se décomposant, constituent un danger éminent pour la nappe phréatique notamment! », avertit notre interlocuteur. Malheureusement, le constat que nous avons fait, surtout au village Toghza, 5 Kms du chef-lieu, est alarmant à plus d’un titre, en ce sens que la fiente et autres déchets avicoles sont jetés dans la nature. Là encore, les aviculteurs ne respectent pas les règlements qui régissent cette activité car, selon toujours l’ingénieur de l’environnement, » il leur est exigé (aux aviculteurs, ndlr) l’aménagement d’une aire de stockage de la fiente, afin qu’elle se durcisse en s’asséchant. Car la fiente est très polluante à l’état liquide, d’où la nécessité impérieuse de la laisser reposer à l’air libre un certain temps, pour qu’elle devienne dure. À ce moment-là elle devient un excellent fertilisant. Savez-vous que des particuliers viennent du Sud du pays, de Oued Souf notamment, pour acheter la fiente de Chorfa? », conclut notre interlocuteur.  

Y. Samir