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Vallée du Sahel

Halte aux chapardeurs !

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Le fléau du chapardage, ou ce qui conviendrait d’appeler le vol des récoltes d’olives, fini toujours par réapparaître à chaque campagne d’olivaison. En effet, cette pratique qui porte un énorme préjudice aux propriétaires d’oliveraies continue de faire des victimes sans qu’aucune solution ne soit trouvée en dépit de l’interdiction qu’annoncent certains comités de villages de commercialiser ce produit agricole afin de « dissuader » les voleurs. Même avec cela, le fléau ne recule pas d’un iota car les chapardeurs agissent dans l’impunité, souvent à des heures indues où les « cueilleurs » ne sont pas là. À chaque campagne oléicole, des centaines d’actes de vol de récoltes sont signalés ça et là dans la vallée du Sahel pour ne citer que cette région de la wilaya de Bouira. Les pertes sont énormes et les victimes n’ont qu’à constater les dégâts après que les chapardeurs soient passés par là. Si ce ne sont pas les sacs remplis d’olives qui sont volés, ce sont plutôt les olives non encore cueillies qui sont usurpées. Les voleurs assiègent les oliviers qu’ils « soulagent » avec agilité de plusieurs kilos pour les exposer dans les différents points de vente qui pullulent à pareille occasion. «Le chapardage demeure un lancinant problème dans notre région. Les propriétaires d’oliveraies, comme moi d’ailleurs, ne dormons que d’un œil durant la campagne de ramassage d’olives. Les récoltes quotidiennes sont mises dans des coins sécurisés, mais qui peuvent recevoir tout de même la visite des voleurs. Chaque année, des quintaux d’olives crues sont volés par des inconnus. Les olives sont ensuite triturées dans les huileries où sont carrément vendues en grains. Il est ainsi difficile à une victime quelconque de vérifier dans ces points de vente s’il s’agit de sa récolte volée, car les indices sont brouillés», indique un propriétaire d’une surface d’oliviers sise à Ahnif. Par ailleurs, il est à déplorer les dégâts qu’occasionnent les chapardeurs sur les oliviers, lesquels dégradent et brisent les branchages sans aucun ménagement. Les victimes des vols sont de ce fait doublement touchées: des récoltes volées et des oliviers détériorés. «J’ai constaté, un jour au petit matin, des branches d’oliviers brisées, arrachées et éparpillées ici et là par des chapardeurs sans loi ni foi», regrette un citoyen d’El Adjiba.

Y. Samir