Accueil Bouira M’chedallah : Un boulevard modernisé de manière…

M’chedallah : Un boulevard modernisé de manière…

1630

Ce boulevard qui est en fait un tronçon d’environ 01 km de la RN 30, traversant la Nouvelle-ville de M’chedallah a bénéficié d’une enveloppe financière estimée à 06 milliards de centimes en vue de le transformer en un boulevard ou plus précisément en une artère principale moderne. Malheureusement, et ne dérogeant point à une méthode de réalisation qui s’est instaurée en règle générale dans le secteur étatique, ce projet après avoir traîné à la longue accusant un retard considérable ; l’on s’est lancé ensuite, dans sa réalisation de manière précipitée pour ne pas dire bâclée et encore, il aurait fallu que le wali s’en mêle pour voir les travaux démarrer avec des lacunes facilement réparables dont nous citerons quelques unes : à commencer par le rond-point du carrefour, entre la RN 30 et la RN26, après sa livraison, il a été enregistré plusieurs accidents de circulation, la plupart mortels en raison du tracé de cet ouvrage qui n’a rien apporté de nouveau par rapport à l’ancien, sinon que les deux routes revêtues en bitume et élargies incitent à la vitesse, ce qui explique une augmentation sensible en matière d’accidents. Ce point de rencontre de deux importantes routes nationales doit être revu, de fond en comble et sans délais, pour réduire l’hécatombe qui s’y produit et que nous avions évoquée dans un récent article. La meilleure façon d’y arriver serait l’aménagement d’un passage souterrain ou d’une passerelle aérienne pour automobiles. Le 2e ouvrage de ce boulevard qui présente lui aussi d’autres lacunes, est le rond-point entre la RN 30 et le chemin de wilaya (CW98).
Au niveau de cet ouvrage et en raison de la réduction de ses dimensions, il est pratiquement impossible aux poids lourds dotés de châssis longs de l’emprunter ; inutile d’être un ingénieur des travaux publics pour constater que les normes retenues pour sa réalisation, ne répondent point, à celles requises pour la réalisation de tels ouvrages sur une voie utilisée par des camions semi-remorques. Plus loin, ce sont les trottoirs réalisés en béton au lieu de pavés antidérapants (drôle de modernisation), ces pavés multicolores ou en couleur unie auraient contribué de manière agréable à donner du charme à ce boulevard et son embellissement Hélas, l’on n’est pas encore au stade de l’esthétique « on bâcle et on offre au myope » disait l’adage populaire.
Dans la même optique, les fossés d’évacuation des eaux pluviales réalisés en caniveaux ont été ensevelis sous le béton des trottoirs au lieu d’être réalisés à l’air libre ; ces fossés qui drainent les eaux de pluie sur plus d’un km, seront bouchés après seulement quelques importantes averses très fréquentes dans la région, sachant que toute l’eau provenant du centre-ville de M’chedallah, et celle drainée par le ravin de Voumejvar et celui de Vadhis transitent par ces fosses dont tout débordement résulterait par des inondations des cités alignées le long de ce boulevard, un risque auquel sont exposées ainsi plusieurs propriétés agricoles dont la ferme pilote d’Oughazi. Pour clore le sombre tableau de ce projet, une partie du boulevard d’environ 200 m, située entre le carrefour de Zouzamene qui fait aussi office d’entrée au marché hebdomadaire et celui de Voumejvar, a été abandonnée à son état primitif après que l’entreprise réalisatrice du projet ne plie bagages et quitte les lieux et cela depuis plus d’un mois et demi, apprend-on de sources proches du secteur. Si l’on… sèche et l’on se montre incapables de mener à terme, et selon les normes techniques requises, un si insignifiant projet de modernisation d’une artère de moins d’un km, comment peut-on prétendre faire bénéficier cette région du programme quinquennal qui vient d’être lancé et dans lequel, sont inclus des projets 10 fois supérieurs et 100 fois plus utiles et plus bénéfiques à la région de M’chedallah, qui faut-il, le rappeler accuse un énorme retard en matière de développement comparé aux autres régions de la wilaya. Une question qu’il faut bien étudier afin d’y remédier rapidement pour éviter une prolongation de ce retard et permettre ainsi à cette région de profiter de l’historique enveloppe financière engagée pour la mise en œuvre de ce plan quinquennal. Le cas de ce projet donne finalement entièrement raison à M. le wali, M. Bouguerra qui affiche clairement à chacune de ses sorties d’inspection, sa préférence pour confier les projets de réalisation à des entreprises locales. Ce haut commis de l’Etat qui a exercé longtemps dans la wilaya de Bouira, connaissant par conséquent parfaitement les mentalités et la culture de cette partie du pays, se base sur plusieurs critères qui font que les entreprises locales sont motivées par plusieurs autres considérations et facteurs pour se donner à fond, contrairement, à d’autres plus alléchés par le gain rapide et facile, cela en plus d’absorber un important taux de chômeurs locaux.

Oulaid Soualah