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Saharidj

Des insuffisances à Illiten

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Le village Illiten, relevant de la commune de Saharidj, est situé en zone montagneuse au relief difficile. Il est balayé par des vents glacials pendant l’hiver et connaît de longs épisodes neigeux, étant situé au piedmont de Tamgout. Le village est peuplé par environ 2 000 âmes qui déplorent leurs conditions de vie.

Des insuffisances sont relevées dans presque tous les volets dans cette bourgade rurale au panorama à couper le souffle. Tout d’abord, le chemin qui dessert ce village est carrément délabré. Sa couche de bitume a fini par s’user, au grand dam des automobilistes qui éprouvent beaucoup de peines à la parcourir. Le temps qui passe et les facteurs climatiques, comme les pluies et la neige, ont fini par échancrer le bitume, quasiment impraticable à présent.

L’absence des ouvrages de drainage des eaux pluviales a accéléré cette impraticabilité. L’aménagement urbain est aussi déficitaire dans ce patelin, où les différentes venelles sont embourbées en hiver et poussiéreuses en été, n’étant pas bétonnées. Les dernières intempéries ont, d’ailleurs, provoqué des dégâts considérables sur la route menant d’Assif Assemadh vers le village. Une bonne partie de la chaussée a été emportée, en coupant le village du Nord au Sud.

Des travaux de confortement ont été lancés au lendemain de la survenue de cet affaissement. Concernant, par ailleurs, le transport public des voyageurs, il n’y est tout bonnement pas assuré. Les élèves et les travailleurs, non véhiculés, souffrent, par conséquent, le martyre pour rejoindre respectivement leurs écoles et lieux de travail. Ils n’ont d’autres choix que l’auto-stop ou la marche pour rallier les grands axes en aval, comme le CW98 et la RN30.

L’isolement d’Illiten pèse énormément sur les habitants, dont la majorité est de classe moyenne. Pour beaucoup, le village est devenu un «purgatoire», notamment pour les jeunes, en proie au chômage et au désœuvrement. Souvent, ils se reconvertissent en maçons, éleveurs de cheptel, saisonniers… pour assurer leur subsistance. «Il faut quitter le village pour aspirer à un poste d’emploi aux revenus réguliers et décents», affirme l’un d’eux.

Y. S.