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M'Chedallah

Des terrains agricoles ensevelis sous les ordures

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Que ce soit à Chorfa ou à M’Chedallah, tous les terrains agricoles relevant du domaine public, proches des grands centres urbains, sont transformés en authentiques dépotoirs sauvages. À Chorfa, ce sont les terrains mitoyens du chef-lieu de commune du côté sud et ouest qui sont recouverts sur de grandes surfaces d’un tapis uni de toutes sortes de détritus composés d’ordures ménagères et autres déchets provenant de la filière des fruits et légumes dont se débarrassent les marchands ambulants sans tenir compte de leurs répercussion négative sur l’environnement et par ricochet sur la santé publique.

Au niveau de la commune voisine de M’Chedallah, ce sont surtout les légendaires plaines d’Oughazi qui se réduisent comme une peau de chagrin, à cause d’une avancée effrénée du béton et des déversements continus de toutes sortes de déchets et autres déblais provenant de nouvelles constructions tant étatiques que privées. Il est dénombré trois points noirs en périphérie du chef-lieu de commune et de daïra aussi. Le premier se situe à l’Est de Raffour sur le chemin communal qui relie la ville de M’Chedallah à la RN15, à proximité du pont qui enjambe Assif Iwakuren via Zouzamen.

À cet endroit, une importante oliveraie composée de plusieurs dizaines de pieds d’oliviers en majorité centenaires de l’ex bien vacant est engloutie par des déversements sauvages d’ordures ménagères, de déblais et autres débris de matériaux de construction. À cela s’ajoutent les milliers de bouteilles en verre et autres canettes qui sont jetées le long de la RN15 menant à Raffour ainsi que sur le chemin communal. L’oliveraie devient elle aussi le réceptacle des emballages vides de bières et d’alcools que des individus jettent ou laissent carrément sur place.

À signaler que l’endroit en question avait fait l’objet de nombreuses opérations de nettoyage du temps de l’ex-wali Cherifi, mais aussitôt débarrassés de détritus et autres gravas que les lieux sont de nouveau gagnés par l’insalubrité. Le point noir suivant est celui mitoyen du lycée de Raffour où l’on enregistre les mêmes déversements continus de déblais provenant du projet des 150 logements mitoyens mais aussi d’auto-constructeurs.

Plus d’une dizaine de terrains hautement fertiles de la ferme pilote sont ensevelis par ces monticules de terre et de pierres. Le dernier point noir recensé mais qui laisse aussi indifférents les nombreux organismes étatiques directement concernés se situe à l’ouest de Vouaklane, où une oliveraie du domaine public est aussi bombardée à base de déversements sauvages de déblais provenant des nombreux projets étatiques mitoyens et autres auto-constructeurs de la localité.

Il faut signaler aussi que l’Oued Sahel n’échappe pas à cette pollution aux grandes allures, puisque aux alentours de l’ex base de vie des Chinois chargés de la réalisation de certains tronçons d’autoroute au niveau de Bouira, transformés depuis en marché hebdomadaire, reçoivent chaque jour des chargements de gravats et autres détritus. Pas loin de ce site, ce sont les berges de la même rivière qui sont transformées en une décharge sauvage.

Ces dernières années, ni les gesticulations du chef de daïra de M’Chedallah révolté par cet état de fait, ni encore moins la montée au créneau du mouvement associatif n’ont été suivis d’effets aux fins de préserver ce qui restait des fermes abandonnées par les colons français au lendemain de l’indépendance et reprises en main par le ministère de l’Agriculture. Pour leur part, les élus locaux assistent sans réagir face à une pollution inquiétante qui prend chaque jour des proportions alarmantes. Pourtant, la municipalité a les moyens pour entreprendre une vaste opération de nettoyage aux alentours du marché hebdomadaire de la ville pour garantir de meilleures conditions de travail aux commerçants et assurer l’accueil des visiteurs.

Oulaid Soualah