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BEGGAS - Ni gaz, ni électricité, ni eau potable…

Difficile quotidien des villageois

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Les villageois de Beggas, une localité située sur les hauteurs de Kadiria, vivent dans un isolement total. Les conditions de vie à Beggas, regrettent ses habitants, sont caractérisées par l’absence des commodités essentielles pour une vie décente, à commencer par le gaz naturel.

Faute de cette énergie, les villageois vivent «un calvaire», surtout en cette période hivernale et dans une région de montagne comme Beggas, où les chutes de neige sont très fréquentes et le gaz butane devient rare être et hors de prix quand il est disponible.

«En hiver, la demande sur le butane pour les besoins du chauffage est accrue, et il est difficile de se procurer une bonbonne. Cela contraint beaucoup de villageois à se déplacer jusqu’ à Tizi Gheniff (wilaya de Tizi-Ouzou) ou au chef-lieu Kadiria dans l’espoir de dénicher une bouteille», confie un habitant.

Et d’ajouter : «L’autre difficulté réside dans l’acheminement des bonbonnes jusqu’aux montagnes». Pis encore, il y a aussi les coûts de cette denrée que beaucoup estiment élevés comparés à ceux du gaz naturel, surtout si l’on sait que les villageois de Beggas sont, pour la plupart, de condition modeste. «Les dépenses liées au chauffage au gaz butane grève le budget des familles.

Devant cette situation, certains n’hésitent à s’en passer et se chauffent au bois, comme au bon vieux temps», avouent certains. Toujours à propos de ce combustible, un habitant note que le réseau du gaz naturel se trouve à moins d’un kilomètre de Beggas et que les localités alentours, notamment dans la région de Tizi Gheniff, en sont dotées. L’autre commodité qui pose problème à Beggas concerne l’électricité.

Dans ce village, l’on attend la réhabilitation de l’ancien réseau, endommagé durant la décennie noire. Il faut préciser que beaucoup d’ouvrages publics, notamment ceux de l’énergie, ont été sabotés durant la décennie noire dans cette région de Kadiria où le terrorisme faisait rage.

L’on apprendra que beaucoup de familles avaient quitté la bourgade dans les années 90 pour se refugier en ville. Mais ces dernières années, l’on assiste à un retour notable de ces familles, lesquelles sont regagné leurs domiciles et repris le travail de la terre. Or, ce retour au bercail n’a pas été accompagné par les pouvoirs publics, avec la mise ne place des différents moyens pour un cadre de vie décent.

A ces problèmes liées à l’énergie, s’ajoute un autre et pas des moindres. Il s’agit de l’eau potable. En effet, et selon les villageois, la distribution de ce liquide précieux enregistre beaucoup de perturbations. La situation se corse en été, une saison lors de laquelle l’eau devient rare.

Du coup, les villageois recourent à l’achat de citernes moyennant des prix exorbitants pour stocker cette denrée. Renseignement pris auprès des services de l’APC de Kadiria, cette situation est due à un problème d’approvisionnement à partir du château de Tizi-Gheniff. Les villageois évoquent aussi l’état de la route menant à leur localité.

«Une route qui ne cesse se dégrader et qui nécessite des travaux de réhabilitation», insiste-t-on. De son côté, le maire de Kadiria a indiqué que ses services ont ficelé durant l’exercice 2012-2017 les études techniques pour tous les villages de Kadiria non encore raccordés au gaz. L’APC est toujours en attente de subventions des services de la wilaya pour le lancement des travaux de gaz.

Concernant l’électricité, l’on apprend qu’un dossier a été remis aux services de l’énergie en vue de lancer la réhabilitation du réseau électrique. Seulement, le gel touche jusque-là les projets de l’énergie. Mais aux dernières nouvelles, le P/APW de Bouira, Ahmed Boutata, a déclaré que secteur de l’énergie dans la wilaya a bénéficié cette année d’une importante enveloppe financière laquelle va permettre de raccorder tous les foyers non pourvus en gaz naturel.

L’enveloppe en question prendra aussi en charge l’électrification rurale. Ces annonces viennent, pour ainsi dire, rassurer la population rurale, dont celle de Beggas, qui vit dans l’espoir de voir ses foyers raccordés à ces énergies de base.

Djamel M.