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KADIRIA - Contrées de haute montagne

Face aux aléas de l’éloignement

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Les habitants des régions de haute montagne de la commune de Kadiria font «toujours» face à des difficultés, particulièrement en ces jours de crise sanitaire. Ainsi, selon des habitants de Tikiout et Kerfala, deux des villages haut perchés de Kadiria, les insuffisances concernent principalement l’eau potable, l’assainissement, le courant électrique et le gaz. «Les villageois rencontrent beaucoup de problèmes et leur quotidien n’est pas de tout repos. Pratiquement tout manque dans la localité et les habitants se débrouillent comme ils peuvent pour assurer leurs besoins quotidiens. Pour l’eau par exemple, un problème des plus lancinants, les villageois se déplacent sur de longues distances pour puiser quelques jerricans pour satisfaire les besoins de leurs ménages.

Idem pour le gaz butane, une denrée qui devient parfois rare que beaucoup sont contraints de chercher au chef-lieu communal. Pour l’assainissement, les villageois recourent toujours aux fosses sceptiques tandis que pour l’électricité, il est fait appel aux voisins pour les divers branchements», résume un habitant de Kerfala. Le même constat est établi par les villageois de Kerfala qui souffrent aussi de l’absence de commodités essentielles, principalement l’eau potable. Une denrée vitale qui pose problème dans tous les villages de montagne de Kadiria. À ce propos, les services de l’APC avaient fait part l’an dernier de plusieurs semaines de rupture de l’eau dans les villages du nord de la commune.

Et le problème demeure toujours posé. Aussi, les mêmes services évoquent la persistance du problème de l’électrification rurale. L’on apprend à ce sujet que le réseau électrique avait été sérieusement endommagé lors de la décennie noire. À présent, il demande à être entièrement réhabilité. L’autre contrainte que soulèvent les habitants des régions de montagne de Kadiria concerne l’habitat rural. Au niveau des services de l’habitat de la commune, des centaines de demandes ne sont pas encore satisfaites car les quotas alloués sont largement insuffisants. «Beaucoup de villageois qui ont déserté la région sont retournés dans leur localité à la faveur du retour de la sécurité et désirent se réinstaller. Mais le problème du logement les en empêchent toujours.

Les demandes déposées auprès de l’APC tardent à être prises en charge», explique un villageois de Kerfala. Il faut souligner qu’à partir de 2017, les quotas des aides à l’habitat rural ont été réduits drastiquement alors que la demande, elle, a nettement explosé. «Avec des quotas de 20 à 30 unités par an, on peut pas faire face à une forte demande dépassant les 450 dossiers», indique une source auprès de l’APC.

Devant ces problèmes qui persistant, il faudrait un véritable plan de développement doté de moyens conséquents pour prendre en charge les préoccupations liées à l’eau, le gaz de ville, l’assainissement, l’électrification et l’habitat rural. Auprès de l’APC, l’on indique que pour les opérations du raccordement au gaz et à l’électricité, des fiches techniques ont été d’ores et déjà préparées. Des dotations budgétaires ont été également retenues au titre du programme FGSCL.

Mais le lancement des travaux tarde toujours à se faire. Récemment, des assurances ont été faites aux villageois par le P /APW quant au lancement de ces opérations du secteur de l’énergie. Le même responsable a même rassuré sur la prise en charge des autres préoccupations. Toutes ces annonces ont été bien accueillies parmi les villageois qui attendent désormais un lancement effectif des différents chantiers, sans doute après cette crise sanitaire engendrée par la propagation du Coronavirus.

Djamel M.