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AÏN BESSEM - Village Ahmed Touhami

Hormis le gaz naturel…

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Les habitants du village Touhami Ahmed relevant de la commune d’Aïn Bessem, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Bouira, attendent toujours leur part des projets de développement. En effet et hormis le projet de raccordement au gaz naturel, qui a été réceptionné en 2016, cette localité située à quelques encablures du barrage d’Oued Lek’hal, n’a bénéficié d’aucun autre projet de développement, malgré les nombreuses protestations et sollicitations des villageois.

Ces derniers ne cessent de dénoncer leur quotidien qu’ils qualifient de dure et de difficile, ainsi qu’un cadre de vie détérioré. Ainsi, les villageois réclament en premier lieu la réhabilitation du chemin de wilaya, CW98, qui relie leur bourg au chef-lieu de la commune d’Aïn-Bessem, ainsi que le renforcement des moyens de transport. Selon eux, la dégradation de cette route demeure la principale raison de l’isolement de leur localité et de la fuite des transporteurs sur cette ligne. Les villageois précisent que seuls quelques fourgons de transport des voyageurs et des taxis clandestins assurent des navettes entre ce village et la ville d’Aïn-Bessem, tout en appliquant des prix exorbitants.

Les villageois affirment que le ticket vers Aïn-Bessem est taxé à 25 DA alors que la distance de ce trajet n’est que de 6 km. Par ailleurs, les villageois ont aussi réclamé le renforcement du transport scolaire, à travers l’affectation d’un deuxième bus car selon eux, le nombre d’élèves scolarisés dans les collèges et les lycées d’Aïn-Bessem a doublé ces dernières années. «Beaucoup de nos élèves font de l’auto-stop pour aller à leurs écoles ou rentrer le soir chez eux. D’autres font le trajet à pied à cause du manque de transport scolaire. Nous avions déjà saisi les responsables locaux à ce propos, mais malheureusement ces derniers n’ont toujours pas réagi», nous a expliqué l’un des villageois.

Par ailleurs, les villageois mécontents ont aussi adressé des requêtes au wali de Bouira et au directeur des ressources en eau, réclamant le raccordement de leurs foyers à l’eau potable et la réhabilitation du réseau d’assainissement de leur village. Ils assurent qu’en raison de la défaillance de ce réseau, le village est envahi durant toute l’année d’égouts, ce qui consiste une véritable menace pour la santé publique. Le problème de la fermeture de l’antenne locale de l’état civil et l’absence d’un bureau de poste a été également soulevé par les villageois qui souhaitent aussi la réalisation d’un réseau d’éclairage public, d’une salle de sport ou d’un stade matico et enfin la réhabilitation du réseau routier de ce village.

«Ici dans ce village, nous n’avons rien ! Même les téléphones portables ne captent pas de réseaux et pour passer un coup de fil, il faut se déplacer sur les hauteurs du village (…) Nous attendons depuis des années la réalisation des projets que le maire d’Aïn Bessem nous a promis lors de sa campagne électorale», a ajouté notre interlocuteur, qui mentionne également un problème de logement dans ce village, car selon lui, les demandeurs de logements sociaux ne bénéficient que rarement d’un logement au chef-lieu, alors que ceux qui ont demandé des aides à l’habitat rural sont confrontés au problème de manque d’assiette de terrain ou au manque de quota des aides réservé à ce village.

«Cette crise a poussé pas mal de demandeurs de logements qui sont dans le besoin, à squatter des terrains du domaine public, pour ériger des baraques de fortune et des taudis ! Résultats : de véritables bidonvilles ont vu le jour dans notre village !» a-t-il fait savoir.

Oussama Khitouche