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AGHBALOU - Carences en eau potable, électricité, infrastructures…

Ivahlal en butte à la précarité

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Perché à plus de 1 000 mètres d’altitude, le village Ivahlal, situé à l’Est de Bouira, accuse un retard en matière de développement local. Ses habitants diront souffrir le martyre en l’absence de presque toutes les commodités essentielles, notamment l’AEP.

En effet, hormis la seule source d’eau existant au centre du patelin, les citoyens font face à une sévère pénurie d’eau qui persiste été comme hiver. Ces derniers sont obligés de parcourir de longues distances, afin de se procurer cette matière vitale. «Nous souffrons beaucoup du manque d’eau, particulièrement en été, ce qui nous rend la vie dure», déclare Moussa, un citoyen d’Ivahlal.

Notre interlocuteur, qui est aussi un membre de l’association socio-culturelle Tadarth Ivahlal (ASTI) locale, dira que l’unique point d’eau potable du village, récemment réhabilité, constitue la seule source d’approvisionnement en ce liquide précieux pour la majorité des foyers. Certains parcourent de longues distances du côté des montagnes pour remplir leurs jerricans.

Certes, il existe une conduite d’eau provenant des forages d’autres villages, comme celui de Choukrane, et alimentant le village. Seulement, cette conduite est détériorée et son débit est loin de satisfaire toute la demande. Réparée à plusieurs reprises, elle tombe souvent en panne et provoque chaque fois des coupures incessantes en alimentation en eau.

La souffrance des habitants s’accentue durant la saison estivale. État de fait qui contraint les villageois à sillonner les localités environnantes pour s’approvisionner en cette denrée vitale. À ce problème s’ajoute celui du courant électrique. En effet, et selon les villageois, hiver comme été, les coupures intempestive d’électricité sont enregistrées et rendent pénible le quotidien des familles, sachant que ce village est isolé, d’où la nécessité, insistent ses habitants, d’une prise en charge dans l’immédiat.

En ce qui concerne le secteur de la santé, il n’existe qu’une seule salle de soins, petite de surcroît, qui ne satisfait pas la demande grandissante en la matière. Les citoyens de la bourgade se voient, là aussi, obligés de se rendre jusqu’à l’EPSP de Tazmalt pour diverses prestations médicales. S’agissant de la frange juvénile, le taux de chômage bat des records.

Ils sont, en effet, nombreux à ne pas trouver un boulot, faute de débouchés dans le marché du travail local. Il y a aussi un manque d’équipements publics de jeunes, bien que l’association, grâce aux dons de ressortissants du village établis à l’étranger et aux bienfaiteurs locaux, a comblé un tant soit peu le manque en réalisant une bibliothèque et une maison de jeunes. Ces deux structures enregistrent des affluences importances. Concernant le réseau internet, un projet de fibre optique est en cours mais accuse moult retards, principalement à cause du relief accidenté de la région. Pour se connecter, il faut se déplacer aux localités limitrophes, à l’instar de Tazmalt et de Takerboust.

Le mouvement associatif à la rescousse

L’association socio-culturelle (ASTI) compte une centaine d’adhérents et bénévoles qui œuvrent pour l’amélioration du quotidien des villageois. Les membres de cette association ont adressé plusieurs demandes aux autorités locales, à leur tête le wali de Bouira, pour l’octroi de projets de développement.

Des requêtes qui n’ont pas eu, selon eux, l’écho souhaité. Sur le plan hygiène publique, des carences sont signalées. Il existe, certes, des bacs à ordures dans différents endroits, mais pas en nombre suffisant. Aussi, des habitants déversent les déchets au-dessous des ponts et aux abords des routes.

A propos de cette insalubrité, Aziz, un villageois, souligne : «Ivahlal manque de moyens pour assurer une hygiène impeccable. Je lance un appel aux autorités locales, afin de mettre en place une décharge contrôlée pour acheminer le ordures ménagères». Il est utile de préciser que les bénévoles de l’association, dont le siège est sis au quartier d’Ighil Azem, ont réalisé avec, leurs modestes moyens, des travaux de terrassement sur un terrain, situé en face de l’antenne administrative, pour en faire une aire de jeux.

Des initiatives à saluer mais insuffisantes pour garantir de bonnes conditions de vie, pensent les villageois qui dénoncent «la marginalisation» d’Ivahlal, qui n’a jamais bénéficié d’un projet structurant. Les jeunes demandent la réalisation d’une salle de sport polyvalente, pour prendre en charge les athlètes du village qui compte d’ailleurs, assurent-ils, beaucoup de talents.

Ils en veulent pour preuve les cinq médailles décrochées par des enfants du villages dans la discipline arts martiaux, lors du récent championnat d’Afrique : «Nos athlètes ont réussi de bons résultats lors du championnat d’Afrique organisé au Mali, en arrachant des médailles, malgré le manque de moyens, à savoir une salle de sports et les équipements requis pour cette discipline.

Ces talents ont honorés notre village. Nous demandons aux autorités de les accompagner et mettant en place des moyens. Nous souhaitons la réalisation d’une salle polyvalente où tous les jeunes pourraient exploiter leurs talents», réclame un jeune. Par ailleurs, concernant le gaz naturel, seule une partie du village a bénéficié de cette énergie.

Dans d’autres hameaux comme Ighil Azem, Ighil Ouchkrid, Chréa…, le projet de raccordement à ce combustible piétine à cause du relief accidenté de la région et de la défaillance de certaines entreprises. Pourtant, la concrétisation d’un tel projet est plus qu’une nécessité dans cette région connue pour son froid sibérien en hiver. En définitive, les habitants d’Ivalal souhaitent la prise en considération de toutes leurs doléances dans les meilleurs délais, pour leur garantir un cadre de vie décent.

T. F.