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M'CHEDALLAH - Reprise des randonnées en haute montagne

La chaîne du Djurdjura de nouveau animée

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La chaîne montagneuse du Djurdjura est de nouveau prise d’assaut par d’innombrables groupes de randonneurs depuis le début du mois de juin.

Cependant, cette activité qui attire de plus en plus d’adeptes depuis ces trois dernières années, ne semble pas intéresser les pouvoirs publics.

Aucun geste n’a été fait pour réduire les multiples dangers qui guettent ces amoureux de la nature et des sensations fortes tels que les vertigineux précipices, de profonds gouffres, de fréquentes avalanches de galets et chutes de rochers à des endroits précis signalés par des panneaux tout comme des pistes tracées par des animaux sauvages qui aboutissent au sommet de ces flancs abruptes.

La moindre des choses est de baliser les quelques pistes pédestres moins dangereuses pour réduire le risque d’accidents mortels en ces lieux. Rappelons sur ce volet qu’en août 2016, un randonneur de Vouaklane dans la commune de M’Chedallah a été retrouvé mort après une chute dans l’un de ces dangereux précipices. L’année prétendante, ce sont des randonneurs venus hors région qui se sont égarés, fort heureusement sauvés in extremis par des secouristes partis à leur recherche.

De là à espérer l’aménagement de refuges où pourront s’abriter ceux qui seront surpris par les violentes tempêtes de pluies et de grêles très fréquentes durant les périodes estivales.

Signalons qu’en plus des randonneurs locaux qui se débrouillent plus au moins bien pour contourner tous ces pièges en majorité mortels, il a été enregistré l’arrivée d’autres groupes des quatre coins du pays sans guide ni expérience, d’autant plus qu’ils sont composés de jeunes qui aiment défier inconsciemment la nature, s’exposant à toutes sortes de danger. Les lieux qui attirent le plus de monde, sont le parcours entre le col de Tirourda dans la commune d’Aghbalou et celui de Tizi N’kouilal dans celle de Saharidj le long de la chaîne de montagnes sur environ 30 km, à côté de l’ascension vers le sommet de Tamgout à partir de Tala Rana sur 15 km.

Aussi, l’on peut suivre leur progression à partir de toute la vallée du Sahel notamment de nuit grâce aux puissantes torches dont ils s’équipent mais aussi aux feux d’artifice qu’ils déclenchent une fois au sommet pour fêter leur victoire sur la nature. Le nombre de groupes de randonneurs doublerait durant les prochaines vacances d’été.

Durant les premiers temps, un agent du PND dont la région d’activité est justement Tala Rana servait bénévolement de guide aux randonneurs hors région qui se rendaient sur le sommet de Tamgout, mais à lui seul, il ne pourra jamais satisfaire tout le monde d’autant plus que la plupart charmés par la magie des lieux optent pour des bivouacs de plusieurs nuits. Ils sont donc livrés à eux-mêmes dans ces contrées sauvages.

Le plus inquiétant est le fait que cette zone n’est pas couverte par les réseaux de téléphonie mobile, celui qui s’y égare se retrouve complètement isolé et coupé du monde. Rappelons qu’un projet de création d’une zone touristique (ZET) en ces lieux a été initié par l’ex wali Ali Bouguerra et que la première phase de son étude a été menée à terme en 2015 avant que le dossier ne soit jeté aux oubliettes. Curieusement de nombreux investisseurs locaux intéressés par ce projet ont vu leurs dossiers d’investissement rejetés sans aucun motif valable.
Oulaid Soualah