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VALLÉE DU SAHEL - Quand l'utile est joint à l'agréable

La cueillette des herbes comestibles bat son plein

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C’est de nouveau la ruée des mères de famille à travers les champs à la recherche des herbes comestibles. Ce phénomène qui est, en fait, l’une des plus anciennes coutumes en Kabylie est toujours en vogue dans la vallée du Sahel.

La cueillette des herbes comestibles, disponibles en profusion dans les champs, a refait surface il y a une dizaine d’années après avoir été abandonnée des années durant. Et ce sont les vieilles qui perpétuent encore cette tradition héritée des anciens.

En effet et malgré la disponibilité des produits agricoles de saison, à l’image des fèves rentrant pour la plupart dans la préparation du plat de couscous, les mères de famille ne peuvent pas se passer de certaines herbes comestibles poussant dans les champs. Parmi ces plantes, l’on peut citer taghighachth, vivras, tavaoukth et beaucoup d’autres plantes comestibles rentrant dans la préparation de beaucoup de plats traditionnels kabyles.

Il n’en demeure pas moins que l’espèce la plus convoitée reste la carde sauvage (Taghediweth) très répandue dans la région du Sahel et toutes les localités de montagne. Cette plante qui pousse précocement offre ainsi une occasion aux ménagères de confectionner le plat du couscous, avec une saveur spécial.

Dans la région, ce plat est appelé «Secsou t ghadiwth». Dès la levée du jour, les femmes partent dans les champs, équipées de couteaux de cuisine, de binettes et de sacs en jute, pour cueillir ces herbes. Une fois la quantité suffisante cueillie, elles se regroupent pour débarrasser les tiges des pétales ce qui réduit le volume à emporter d’abord, et pour gagner du temps ensuite en attendant les retardataires vu qu’elles rentrent au moment où elles doivent s’atteler à la préparation du déjeuner.

On les rencontre partout à travers la région ces mères de famille, notamment en périphérie des centres urbains. Elles sont reconnaissables aux baluchons chargés d’herbes comestibles qu’elles prennent en bandoulière. Notons qu’ils existent plusieurs herbes comestibles dont la croissance permet leur cueillette à partir de la dernière semaine du mois de février, tels que wahrir, vouchkel, wajdhim, taghighacheth, Thalma. Ces herbes riches en protéines, en fer et en fibres remplacent les légumes de saison proposés sur les étals des marchés. Des produits dont les prix ont pour la plupart pris une envolée ces derniers jours.

Oulaid Soualah