Accueil Bouira La culture de la pêche blanche périclite

ATH MANSOUR - Elle faisait la renommée de la région

La culture de la pêche blanche périclite

99

La localité d’Ath Mansour était très connue pour la qualité de ses pêches cultivées dans ses innombrables vergers verdoyants. La plus connue est la pêche blanche qui faisait la renommée de cette région rustique. Aujourd’hui, en faisant le point, il ne reste de ce fruit que les bons souvenirs d’une époque révolue. La pêche blanche d’Ath Mansour était un « label » local, et des commerçants venaient de lointaines wilayas, comme Sétif, Batna, Alger… pour s’en approvisionner, se souviennent encore les seniors. Les jours de marché, ce fruit, qui mûrit en automne, envahit les étals.

Charnue et sucrée, la pêche blanche de cette localité faisait le bonheur des consommateurs qui s’en délectaient sans modération. Mardi dernier au marché hebdomadaire de M’Chedallah, comme un fruit exotique, la pêche blanche était exposée à la vente dans une seule cagette, ce qui voulait dire que la production a chuté drastiquement. Il est très rare, et même parfois «impossible», de trouver ce fruit en vente sur les étals. Sa rareté sur le marché et sa production de plus en plus faible font que ses prix sont exorbitants.

Mardi dernier, au souk de M’Chedallah, le vendeur proposait ce fruit à 250 DA/kg, alors que c’est un produit du terroir. «Elles ont été cueillies dans un jardin situé à Ath Masnour justement», affirme le marchand. A 250 DA/kg, le prix de la pêche blanche dépasse celui de la banane, qui est cédée à seulement 200 DA/kg, alors que ce fruit est importé. Cet état de fait n’est que la conséquence du recul effarant de la culture de ce fruit. En effet, le verger arboricole d’antan, notamment le pêcher, s’est drastiquement réduit à cause du délaissement de cette filière et du changement du mode de vie. «L’agriculture, en particulier l’arboriculture, a affreusement reculé dans notre région qui était très connue pour ses vergers verdoyants toute l’année.

Les habitants travaillaient avec abnégation leur terre, source de subsistance. Aujourd’hui que le mode de vie a changé, les terres et les jardins sont délaissés, ne laissant apparaître que de maigres carrés plantés de produits maraîchers. Quant à la pêche blanche, ses arbres ont carrément périclité à cause de l’absence d’entretien. Je me souviens de plein de fruits succulents, dont la pêche blanche, cultivés à Taghzouyt, la petite Metidja d’Ath Mansour. Aujourd’hui, cette plaine ne produit presque rien, hormis les olives», déplore un sexagénaire de Taourirt, chef-lieu communal d’Ath Mansour. Ainsi donc, la localité d’Ath Mansour, qui se targuait d’avoir l’une des meilleures pêches locales – si ce n’est la meilleure- a perdu de sa superbe.

Y Samir.