Accueil Bouira La détresse des agriculteurs

Ath Leqsar et Ath Rached

La détresse des agriculteurs

149

Dans une requête adressée au président de la chambre d’agriculture de la wilaya de Bouira, l’association des agriculteurs des deux communes d’Ath Leqsar et d’Ath Rached, au Sud-est de la wilaya de Bouira, lance un véritable cri de détresse. L’association dénonce surtout la «marginalisation des agriculteurs de cette région et d’absence de transparence dans la gestion des programmes de formation et de développement». Cette même association, qui compte plus de 120 adhérents, exerçant dans différentes filières de l’agriculture, a également réclamé la mise en place d’un plan d’urgence par les pouvoirs publics et ce, afin de ‘’sauver ce qui reste du patrimoine agricole de ces régions’’.

Cette même association s’est également interrogée sur les raisons de la ‘’marginalisation’’ de ces deux communes par différents programmes d’aides de l’État à l’agriculture et ce, bien qu’elle soit située dans une zone des Hauts-plateaux et à proximité des plaines agricoles de Sahel. Cette organisation a, par ailleurs, réclamé le déblocage de fonds pour le développement de l’agriculture dans cette région, et plus particulièrement les filières de l’oléiculture et de l’élevage : «Récemment des éleveurs de la région se sont vu refuser des subventions pour l’aliment de bétail, car nos deux communes ne sont pas incluses dans les programmes d’aides à l’agriculture, à l’image des deux programmes des Hauts-plateaux ou de celui de haute montagne, et pourtant, nos deux communes sont situées entre ces deux régions !

Nous vivons cette marginalisation comme une véritable injustice, surtout que l’absence de subvention met en péril toutes nos activités et menace directement nos emplois et notre gain de pain », nous a expliqué M. Aouadi Abd El Aziz, président de l’association des agriculteurs. D’après notre interlocuteur, les agriculteurs de ces deux communes ne bénéficient que rarement des formations proposées par la chambre de l’agriculture. Il citera l’exemple d’une récente formation dans la spécialité de l’oléiculture en Espagne, où aucun agriculteur de ces deux communes n’a été invité et ce, malgré la forte implantation dans cette région et une forte productivité : «Nous n’avons rien su de cette formation malgré le fait que les oléiculteurs de nos deux communes soient tous adhérents à la chambre de l’agriculteur de la wilaya.

Il ne s’agit pas de la première fois, puisque nous n’avons presque jamais été invités à des formations spécialisées à l’intérieur du pays ou à l’étranger. C’est pour cela que nous réclamons plus de transparence et d’objectivité dans la gestion de ce genre de formation, car il s’agit simplement de notre devenir», insiste M. Aouadi. Par ailleurs, la même association a réclamé le déblocage de fonds dans le cadre du nouveau programme d’aide à l’agriculture lancé en collaboration avec l’union européenne et la banque mondiale, mais aussi une réorganisation administrative dans la wilaya, à travers le rattachement des deux communes d’Ath Rached et d’Ath Leqsar vers le périmètre des Hauts-plateaux ou celui des hautes montagnes et ce, afin de faire bénéficier les citoyens de ces communes, et plus particulièrement les agriculteurs des différents programmes d’aides et des subventions publiques à l’agriculture.

La même association a aussi réclamé l’installation d’un administrateur délégué des services agricoles au niveau de la commune d’Ath Rached et l’implantation d’une subdivision de l’agriculture au niveau de la municipalité d’Ath Leqsar. La revendication pour la réhabilitation des retenues collinaires et agricoles dans cette région, et son raccordement au périmètre irrigué de Sahel, a été également évoquée par cette association.

Oussama Khitouche