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ATH MANSOUR - Après la peste des petits ruminants

Le caprin frappé par la brucellose

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A Ath Mansour, une centaine de têtes de caprins a été abattue ces derniers jours des suites de l’apparition de la brucellose. Après l’épidémie de la fièvre aphteuse, qui a décimé des troupeaux entiers d’ovins et de bovins, au début de l’année, à travers l’ensemble des communes de la daïra de M’Chedallah, c’est au tour des caprins d’être frappés de plein fouet par la brucellose, dont le virus a été dépisté durant la dernière semaine du mois de mai à Ath Mansour.

Une centaine de chèvres ayant contracté ce terrible virus ont été déjà abattues. Ce chiffre concerne uniquement les bêtes déclarées par certains éleveurs et sur lesquelles a été dépistée la brucellose. Il ne reflète certainement pas le nombre de bêtes mortes, sachant que la plupart des éleveurs ne font pas de déclaration de peur de voir la totalité de leur troupeau orienté vers l’abattage par les vétérinaires relevant du secteur étatique, sachant que le rôle des praticiens privés de la santé animale s’arrête à la déclaration obligatoire de cette terrible zoonose.

Rappelons que la première alerte à la fièvre aphteuse a été suivie bien que tardivement par une campagne de vaccination du cheptel de la région, ajoutée aux vaccins administrés en application du calendrier officiel des vaccinations et la couverture de la santé animale par les services agricoles, dont la gamme de vaccins est composée de l’antirabique, de l’anti-fièvre aphteuse et de l’anti-brucellose. Après ces campagnes de vaccination préventives, plusieurs sources proches de cet organisme ont affirmé que les cheptels sont suffisamment protégés. Mais contre toute attente, la brucellose se manifeste de nouveau et fait des ravages. Pour plusieurs spécialistes de la santé animale, la réapparition de cette maladie endémique est due, en premier lieu, à la réouverture des marchés à bestiaux. En deuxième lieu, elle est aggravée par le déplacement du cheptel, qui échappe à tout contrôle. Le troisième facteur et non des moindres est le fait que la plupart des éleveurs refusent que soit vaccinés leurs troupeaux, toutes espèces confondues.

Cette situation serait moins alarmante si plus d’une dizaine de personnes avaient contracté cette zoonose dans la commune où elle a été dépistée. La crainte de voir le nombre de victimes humaines augmenter est omniprésente, sachant que des éleveurs procèdent à la vente du lait frais, qui est le principal facteur contaminant, au niveau des places publiques, où le cèdent en gros aux commerçants d’alimentation générale.

L’autre crainte vient du fait que les grèves cycliques des communaux, depuis le début du soulèvement populaire, sont toujours maintenues. Cela paralyse les bureaux d’hygiène des municipalités qui devraient, en toute logique, être mis en état d’alerte dès les premières manifestations de ces maladies. Des grèves qui interviennent au début de la saison chaude durant laquelle toutes sortes de maladies, tant humaines qu’animales, sont dépistées et se propagent comme une traînée de poudre.
Oulaid Soualah