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Tala Rana - Randonnées, excursions, explorations, bivouacs et campings

Le tourisme local prend une cote

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Jamais de mémoire des habitants de la daïra de M’Chedallah, les hauteurs du flanc sud de la majestueuse chaîne montagneuse du Djurdjura, n’ont enregistré une explosion du tourisme local comme cette année.

Les campagnes et lieux touristiques ont commencé à recevoir les premiers groupes de randonneurs à partir de la mi-juin dont la présence s’en est allée depuis crescendo.

Aussi, Tikjda, Akouker, Assouel, Tallelat Tizi N’koula grouillent de monde au même titre que Agni Lahwa, la grotte du macchabée sur le versant nord du la chaîne montagneuse du Djurdjura et Tala Rana, Vouhrev (sanctuaire de Jemay Khelidja) Imghouzen, Ighzer iwakuren, Tadert Lejdid, Tala Boudhi et le col de Tirourda sur le versant sud. Des lieux paradisiaques culminant à 1 500 m et qui sont latéralement pris d’assaut par d’innombrables groupes de randonneurs, des excursionnistes avec bivouacs et campings, après de longues randonnées, des ascensions et autres sorties récréatives.

Ces bivouacs et campings attirent de plus en plus d’adeptes grâce à la disponibilité sur le marché algérien de tentes individuelles et collectives et tous les équipements indispensables tels que des matelas gonflables, de puissantes lampes, des tenues vestimentaires adéquates, des glacières et enfin des sacs à dos spéciaux pour contenir tout ce matériel.

Parmi ces randonneurs, on y rencontre des spéléologues, des alpinistes, des botanistes qui profitent pour filmer les lieux, la faune et la flore, les points d’eau et les rares pistes qui permettent l’accès au sommet de Tamgut qui culmine à 2308 mètres. Malheureusement, tout ce beau monde part à l’aventure à l’aveuglette sans guide ni carte géographique ni une quelconque protection.

Ce sont de véritables safaris qui s’organisent dans ces contrées sauvages truffées de dangers. Il n’en demeure pas moins que le plus grave danger qui guette ces touristes réside dans les imprévisibles et fréquentes perturbations atmosphériques sur ces hauteurs en cette période de l’année avec notamment les violentes tempêtes de grêles qui sont mortelles sur ces hauteurs en l’absence d’abris et de refuges.

À cela s’ajoute la présence de hyènes très dangereuses en cas de famine, des sangliers qui chargent sans crier gare ceux qui s’approchent inconsciemment de leurs bauges où se trouvent leurs petits, de profonds gouffres, de hautes falaises sur lesquelles se produisent de fréquentes avalanches de galets et chutes de rochers, de vertigineux précipices.

Un autre danger qui donne des sueurs froides est celui des départs d’incendies déclenchés soit par la foudre durant les orages ou provoqués par des tessons de bouteilles en verre quand ce n’est pas une main criminelle d’un pyromane. Il faut signaler que passé une certaine hauteur, aucun téléphone cellulaire ne fonctionne en l’absence de champs et de couverture de la téléphonie mobile, d’où l’impossibilité de demander du secours en cas de danger.

Notons, enfin, que du côté des pouvoirs publics, aucun aménagement ou effort n’est fait pour encourager et valoriser ce créneau du tourisme dans la région qui est l’une des meilleurs à l’échelle africaine en matière de sites touristiques. Un créneau qui est toujours à l’état sauvage où le touriste se retrouve livré à lui même et exposé à de multiples dangers.

Rappelons que le projet d’un hôtel touristique a été lancé en 1990. L’ossature de quatre étages de la structure et le gros béton sont menés à terme à Tala Rana avant d’être abandonné en 1992 sous prétexte de présence de groupes terroristes.

La création d’une ZET (Zone d’extension touristique) au même endroit dont la première phase de l’étude a été menée à terme en 2015 a connu le même sort puisque le projet est jeté aux oubliettes sans aucune raison.

De nos jours avec le retour de la sécurité et surtout des randonneurs, des structures d’accueil comme les hôtels, gîtes de montagne et refuges sont devenus plus qu’indispensables dans cette région de montagne qui n’a rien à envier aux stations helvétiques ou françaises. La relance du tourisme de montagne dans cette région passe également par la formation de guides de montagne.
Oulaid Soualah