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ATH MANSOUR - Ni jardins, ni potagers, ni espaces verts

Le travail de la terre délaissé

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Jadis, la commune d’Ath Mansour était connue pour ses jardins luxuriants et verdoyants que cultivaient avec beaucoup d’abnégation ses habitants.

Comme la population vivait par le passé pratiquement de l’agriculture vivrière et de l’élevage de bétail, la terre était travaillée, malgré le manque de moyens. Aujourd’hui que le mode de vie a changé, la terre nourricière se trouve abandonnée et laissée en jachère et peu de glèbes sont encore cultivées. Seules d’infimes poches sont exploitées pour la consommation familiale.

Les personnes âgées résidant dans cette localité se souviennent encore de cette époque faste durant laquelle l’agriculture avait inscrit ses lettres d’or, laquelle est tombée en désuétude, malheureusement, au fur et à mesure que le temps passe.

La modernisation tous azimuts a aussi donné le coup de grâce au travail de la terre dans cette municipalité, où presque seule l’oléiculture est encore en vogue. Jusque dans les années 1980, le jardinage était encore pratiqué dans ces contrées rustiques. En témoignaient, les jardins et autres potagers aménagés surtout à proximité de la RN5, qui traverse cette localité.

Les fameux jardins en paliers du village Taourirt, chef-lieu communal d’Ath Mansour, faisaient la particularité de cette région, où poussaient des légumes et fruits de très bonne qualité.

«Les versants de la colline sur laquelle a été érigé le village Taourirt était exploités par les villageois qui y ont plantés toutes sortes d’arbres fruitiers, comme les abricotiers, les pêchers, les pruniers, les pommiers, les figuiers, créant de ce fait un petit éden sur cette terre où l’ombre rafraîchissante emplissait les lieux surtout durant l’été. L’eau des puits et des sources coulait à flots dans ces jardins à travers des rigoles», se souvient un septuagénaire de cette localité, qui a connu cette période charnière.

La belle et vaste plaine de Taghzout, située sur la rive droite de l’oued Sahel, était également cultivée par les habitants. Dans cet endroit touffu et dense en couvert végétal, les cultivateurs produisaient des maraîchages et des fruits de qualité. Les récoltes étaient commercialisées dans les localités et les marchés environnants. La pêche blanche, cultivée dans cet espace, était connue pour sa qualité gustative. Des commerçants de fruits et légumes venaient même de lointaines localités pour s’approvisionner en ce fruit unique, en son genre.

Aujourd’hui, les choses ont changé et l’agriculture a disparu carrément dans cette localité pour laisser place à des glèbes au paysage lunaire sans aucune production agricole. L’urbanisation anarchique et galopante a fini par «ensevelir», sous des couches de béton, les fameux jardins de Taourirt, laissant les nostalgiques d’une époque lointaine dans la consternation.

«Des dizaines d’arbres fruitiers ont été déracinés pour les besoins de chantiers. Je ne suis pas contre cela, mais j’aurais aimé que les terres agricoles soient épargnées car viendra le jour où les gens retourneront, pour une raison ou une autre, au travail de la terre», ajoute un habitant de la localité.
Y. S.