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OUED D’HOUS - Pollution des sols, dépôtoirs sauvages…

L’environnement agressé

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La pollution de l’environnement d’une manière générale et celui immédiat des populations prend des proportions alarmantes partout à travers la wilaya de Bouira. À titre d’illustration, à Oued D’hous, pour ne citer que cette région du sud de la ville de Bouira, le phénomène menace la santé de milliers d’habitants et tout un écosystème. En effet, dans cette région de la périphérie sud de la ville où sont implantés un quartier populeux et populaire et de nombreuses cités résidentielles, de vastes dépotoirs se sont formés partout. Les abords de la route menant d’Oued D’hous à la nouvelle gare routière de la ville sont transformés en un immense réceptacle de toutes sortes de déchets et de gravats.

Des chargements entiers de gravats provenant aussi bien des chantiers de construction individuelle ou de projets immobiliers du centre-ville sont acheminés dans la région et abandonnés soit aux abords de la route soit sur la rive nord de la rivière D’hous qui longe le sud de la ville sur plusieurs kilomètres. Aussi de grosses quantités de déchets provenant des ménages et des commerces de la ville et de ses enivrons sont abandonnées sur la route et sur les vastes espaces pour finir par former des décharges sauvages. Ce décor fait d’alignement de gravats et de monticules d’ordures est répugnant et fait de la peine à voir. Il est même visible de loin, à partir de l’autoroute Est-Ouest. Il ne fait que défigurer l’image de la ville déjà confrontée à une insalubrité chronique.

En plus de ces répercussions sur la santé de milliers d’habitants qui vivent dans cette partie de la ville, cette pollution des sols constitue une menace sur tout un écosystème constitué d’une riche faune et flore. Une faune et une flore qui ont prospéré sur les rives d’un des plus importants cours d’eau de la wilaya où sont recensées des dizaines d’espèces animales et végétales. Des espèces qui sont désormais menacées par une pollution à grande échelle. La pollution touchant le sol peut à terme impacter et d’une façon durable la nappe phréatique où est puisé depuis plusieurs décennies de l’eau qui alimente des dizaines de milliers d’habitants. Aussi et à long terme, cette pollution pourrait menacer les eaux superficielles de ce cours d’eau qui est collecté en aval par le deuxième plus important barrage d’eau, à savoir celui de Tilesdit.

Un barrage d’une capacité de 168 millions de m3 qui alimente actuellement des dizaines de communes des wilayas de Bouira et de Bordj Bou Arreridj en eau potable et sert à l’irrigation de milliers d’hectares de terres agricoles d’El-Esnam et d’Ain-Bessem. Sur cette pollution, les habitants d’Oued D’hous avouent que celle-ci remonte à maintenant plusieurs décennies mais elle a pris de l’ampleur au fil des années. Selon les mêmes habitants, peu d’actions ont été menées ces dernières années par les pouvoirs publiques pour stopper cette pollution et éradiquer tous ces dépotoirs sauvages.

Parfois, et de temps à autre, des opérations d’éradications des décharges sont menées par l’APC de Bouira et les autorités de wilaya, mais à peine les sites nettoyés que le déversement de déchets et de gravats reprend de plus belle. Là, c’est carrément l’incivisme des citoyens qui est pointé du doigt. En effet et en dépit des plaques installées ici et là et interdisant carrément l’acheminement de déchets sur les lieux, ces derniers sont constamment bombardés de déchets. À l’heure actuelle, sans une prise de conscience collective quant aux dangers que constitue cette pollution de grande ampleur, la situation risquerait de s’aggraver davantage dans les prochaines années et causer des dégâts incommensurables.

Il est utile de préciser que cette partie de la ville qui est D’hous est connue pour être le réceptacle de dizaines de rejets d’égouts provenant des réseaux d’assainissement de la ville. Pour limiter les dégâts de ces eaux usées, une station de traitement et d’épuration (STEP) a été réalisée il y a de cela une décennie aux abords de la rivière D’hous, à 2 km au sud de la ville. Cette station a réduit sensiblement la pollution de la rivière par les eaux usées.

Djamel M.