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M'CHEDALLAH - Ravins, ruisseaux et rivières se réveillent

L’érosion fait des ravages!

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Après les importantes tempêtes de neige du week-end et les pluies torrentielles durant plusieurs jours, tous les cours d’eau qui descendent
du sommet du Djurdjura pour se jeter dans la rivière Assif N’Sahel
sont en crue. Ces cours d’eau millénaires sont tracés sur un itinéraire de 25 km entre la chaîne montagneuse du massif du Djurdjura avant de se jeter dans Assif N’sahel. Ils descendent presque à pic et arrivent avec une impressionnante force dans la vallée du Sahel.

Ces violentes crues rongent chaque hiver des parcelles entières de terrains agricoles à vocation oléicoles, des vergers ou encore des cultures maraîchères comme c’est le cas à Assif Assemadh. Sur les lieux, il est aisé de constater une impressionnante érosion qui a dangereusement fragilisé le village Ath Illiten dans la commune de Saharidj qui surplombe ce cours d’eau. Ce dernier prend naissance à proximité du col de Tizi N’kouilal pour finir sa course dans Assif Sahel en faisant des dégâts sur son passage dans les vergers de Chekra commune de M’chedallah.

Le ruisseau suivant qui fait parler de lui chaque hiver est Assif Rana qui traverse le village Ath Yekhlef. Il prend naissance au village Ath Oualvan dans la commune de Saharidj et traverse, quelque 15 km plus bas, le village Ath Yekhlef, en se rapprochant dangereusement du centre du village tout en engloutissant d’importantes surfaces agricoles à Tichikert. Les crues d’Assif Levaal qui fait jonction avec Assif iwakuren au lieu-dit Taghourfets Iroumyen arrivent avec une terrifiante force à Avaali, des crues qui en plus d’engloutir chaque hiver des oliveraies à Aharrach à proximité de Raffour, se font aussi menaçant tant pour la base de l’Hydro-aménagement ainsi qu’une caserne des services de sécurité et plusieurs habitations de particuliers.

Le ravin d’Ath Hamdoun dans la commune d’Aghbalou se fait aussi menaçant pour un quartier entier à Houari en plus de fragiliser d’avantage à chacune de ses crues le pont qui l’enjambe en ces lieux. Les crues de ce ruisseau bien que de moindre importance par rapport à celles évoquées arrivent à Houari avec une rare violence. Tous les riverains qui ont des moyens ont commencé à ériger des murs de consolidation du haut talus tandis que les moins nantis s’attendent à être emportés à chaque crue en vivant la peur au ventre.

Il faut dire que le torrent s’écoule à moins de 10 m de plusieurs habitations. Toujours dans cette commune de haute montagne, un éboulement datant de 1976 côtoie le lit d’Assif Aghbalou qui prend naissance à proximité du col de Tirourda. Ce ravin est à l’origine de terrifiants mouvements géologiques à Vou Aklane et Selloum qui le surplombent, le premier du côté Est et le second du côté Ouest. L’érosion qui a profondément creusé son lit a dangereusement fragilisé la base de ces deux agglomérations qui ont commencé à enregistrer depuis 2015 de gigantesques mouvements géologiques au point où une dizaine de maisons entraînées par ces cauchemardesques glissements de terrain ont été évacuées en catastrophe en 2016.

Ce cours d’eau s’est aussi dangereusement rapproché de plusieurs habitations situées en amont du pont qui enjambe la RN15 à la sortie Est du chef lieu de Chorfa. Rappelons que l’unique technique développée pour réduire ces dégâts que causent chaque année ces cours d’eau est l’aménagement de gabionnage dénommée en terme technique « correction torrentielle ».

Des ouvrages réalisés conjointement par les institutions étatiques directement concernées à savoir l’Hydraulique, les Forêts et l’Agriculture. Une technique des plus simples et à moindre coût composée uniquement de deux matériaux, à savoir les galets disponibles en abondance dans les lits de ces cours d’eau et le vulgaire grillage ‘’Zimerman’’. Cependant force est de constater que plusieurs points noirs inscrits à travers la circonscription de M’chedallah pour bénéficier de ces confortements depuis plusieurs années attendent toujours d’être pris en charge.

Oulaid Soualah