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ATH MANSOUR - Extraction de la pierre bleue

Les conditions «pénibles» des exploitants

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La pierre bleue d’Ath Mansour, qui constitue l’unique richesse de la municipalité depuis la nuit des temps, est exploitée dans des conditions des plus pénibles par les pères de famille n’ayant que cette activité pour nourrir leur progéniture.

Le gisement de la pierre bleue est souterrain et se présente sous forme de plaques de diverses épaisseurs. Il est extrait avec des moyens rudimentaires à l’aide de masses, de marteaux et de burins de diverses dimensions. On doit déblayer plus de trois (3) mètres de terre pour arriver à ces plaques qu’il faut briser pour remonter les morceaux à la surface à l’état brut, avant de commencer à les tailler et à leur donner diverses formes tant pour la construction de murs que pour la décoration des habitations.

Une tâche des plus ardues, sachant que l’opération se pratique manuellement sans que ne soit introduite une quelconque technique moderne, le tout dans un climat infernal, hiver comme été. Le malheur de ces damnés de la terre ne s’arrête pas là, sachant que des rapaces intermédiaires leur achètent la matière sur place après sa taille pour la revendre au double, sinon au triple de son prix.

Il faut souligner que la pierre bleue d’Ath Mansour, qui est un objet de décor à l’état naturel, haut de gamme, est très prisée par les constructeurs privés et publics à travers le territoire national. La demande va de ce fait crescendo. Elle rivalise avec les cubes de marbre importé d’Italie en matière d’esthétique et de solidité, ce qui revient à dire que son écoulement ne pose pas problème. Malgré cela, les conditions sociales précaires de ceux qui interviennent dans cette juteuse filière, de père en fils, depuis plusieurs générations, n’ont pas changé d’un iota. Les intermédiaires leur arrachent le pain de la bouche sans fournir d’efforts.

A noter que les exploitants de la pierre bleue d’Adhrar Seggane, où se situe l’immense gisement, sont guettés par les affairistes. En plus du climat des plus rudes, des travaux pénibles, des couches de terre de type ardoise qui recouvrent le gisement, ce dernier contient de l’amiante de ciment, un composé de matière cancérigène qui attaque les poumons, les yeux et la peau. Nul besoin d’être un spécialiste de la santé pour conclure que la majorité d’entres-eux souffrent de maladies chroniques : le corps décharné, la peau asséchée et craquelée, les yeux larmoyants, entre autres symptômes. C’est état de fait n’a jamais dérangé les autorités.

Le nombre de pères de famille intervenants dans la filière de la pierre bleue dépasse largement la centaine. Un cas sur lequel doit se pencher la Direction de l’action sociale (DAS) et la Direction de la santé (DSP) pour, au moins, leur imposer des visites médicales périodiques et les sensibiliser sur la nécessité de préserver leur santé et de s’assurer pour pouvoir jouir d’une retraite.
Oulaid Soualah