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SAHARIDJ - Évacués entre mai et novembre 1957

Les Iwakuren reconstruisent leurs anciens villages

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La tribu révolutionnaire d’Iwakuren dont les deux villages Ighzer et Tadert Ledjdid ont été rasés par l’armée coloniale entre les mois de mai et novembre 1957, sont en passe de reconstruire leurs anciennes maisons. En effet, cette opération de reconstruction de leurs villages constitue le souci majeur des villageois. Aussi, la plupart des maisons sont soit restaurées pour ceux ayant des moyens limités soit d’autres habitations neuves érigées sur l’emplacement des anciennes.

En plus des auto-constructeurs par leurs propres moyens, d’autres ont bénéficié des divers programmes étatiques tels que ceux de l’habitat rural ou d’auto-construction avec des attributions qui leurs sont réservées par l’APC de Saharidj dans chaque quota depuis l’indépendance. La tradition chez nos frères d’Iwakuren est qu’à chaque fois que l’un d’eux termine la reconstruction de son ancienne maison, il offre une waada à tout le village comme pour marquer leur victoire sur les contraintes qui entravent leur retour dans leurs anciens villages, sachant que durant la décennie noire, ils ont été de nouveau désertés durant plus de 15 ans.

La dernière offrande à laquelle la communauté villageoise a été conviée est celle qui a eu lieu vendredi dernier. Elle a été offerte par deux sœurs d’une famille villageoise qui a achevé la construction de leur nouvelle maison sur l’assiette du terrain de l’ancienne mitoyenne du carrée des martyrs. Ce genre de cérémonie qui revêt un caractère solennel et sacré sert d’une part à consolider la légendaire organisation communautaire de cette tribu mais aussi à inciter les plus hésitants à repeupler les villages de leurs ancêtres qui renferment un pan entier de la glorieuse histoire d’Iwakuren qui comptabilise pas moins de 114 martyrs, un chiffre énorme pour deux villages qui ne dépassaient pas les 1000 habitants à l’époque de la révolution.

Rappelons qu’après destruction de leurs villages, la tribu Iwakuren a été parquée dans un camp de concentration entouré d’une double clôture en fils barbelés dans des taudis et des tentes de fortune en toile dans l’actuel Raffour dans la commune de M’chedallah ; d’où l’appellation de ce camp « les toiles ». Aussi, même ceux n’ayant pas reconstruit leurs maisons à Iwakuren obéissent à la coutume de s’y rendre chaque week-end ou durant les fêtes religieuses ou traditionnelles.

Interpellé à ce propos lors de sa première visite à Iwakuren en 2016, l’actuel wali Mustapha Limani a promis l’attribution de 50 logements ruraux en habitations groupées au village Ighzer dont les représentants ont dégagé une assiette de terrain pour recevoir ce projet. Malheureusement trois (03) ans sont passés sans que le dossier ne soit finalisé.

Oulaid Soualah