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SAHARIDJ - Rejet des eaux usées

Les oliveraies menacées

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Olive tree on red soil

Le président de l’association de production et de développement d’olives de la wilaya de Bouira Toudert Arezki fait part des incalculables dégâts provoqués sur les oliveraies d’Amara, relevant du domaine public dans la commune de M’chedallah.

Les oliveraies sont progressivement détruites par le rejet principal de l’assainissement de la commune de Saharidj. Il cite deux fermes qui ont perdu des centaines de pieds d’oliviers en majorité centenaires au niveau des EAC Boudia Ahcene et BARR Achour. Cette catastrophe est, dit-il, provoquée pas les eaux usées provenant du rejet principal de l’assainissement de la commune de Saharidj drainées par le ruisseau Ighzer n’Sed qui arrivent au niveau de ces oliveraies sous forme de torrents pour inonder d’importantes surfaces agricoles.

Ce représentant des oléiculteurs explique, photos à l’appui, que ces eaux usées sont composées de détergents contenant des acides qui s’attaquent aux racines et souches des oliviers qu’elles assèchent. Il dénonce aussi certains agriculteurs qui en aval dévient ce cour d’eaux usées pour irriguer leurs parcelles ; d’où ces inondations permanentes d’importantes surfaces agricoles où l’eau polluée se stagne et provoque des ravages dans les oliveraies.

Notre interlocuteur exhibe une liasse de copies des rapports détaillés envoyés à tous les organismes et autorités concernées, à savoir, l’APC de Saharidj, la daïra et la subdivision agricole de M’chedallah, l’hydraulique, la DSA, la chambre de l’agriculture et le cabinet du wali.

Le président de l’association des oléiculteurs de la wilaya de Bouira se désole du fait que l’huile d’olive de M’chedallah qui a remporté toutes les Médailles d’or et les premiers prix en matière de qualité tant localement qu’à l’étranger ne bénéficie d’aucune considération de la part des autorités qui ferment les yeux sur cette catastrophe d’envergure que subissent les légendaires plaines du Sahel. Rappelons que ce rejet principal de la commune de Saharidj qui reçoit 90 % des eaux usées de cette municipalité de 12.000 habitants, a bénéficié en 1992 d’une mini-station d’épuration avec bassins de décantation réalisée à la sortie sud du chef- lieu de commune au lieu dit Tala n’Ait Salah.

Le dit ouvrage a fonctionné à peine une année et ce à cause d’une absence totale d’entretien, notamment le désenvasement et le curage des cheminées complètement obstruées. Il suffirait pourtant de la mobilisation d’une journée par l’ONA (présente à M’chedallah) pour procéder au nettoyage de cette mini-station d’épuration pour la remettre en service et mettre fin à la catastrophe provoquée par ce rejet des eaux usées d’autant plus que les deux APC directement concernées, Saharidj et M’chedallah, ont signé des conventions avec l’office national de l’assainissement (ONA).

Oulaid Soualah