Accueil Bouira Les ralentisseurs de la discorde

Certains non signalés, d’autres réalisés hors des normes

Les ralentisseurs de la discorde

101

Les ralentisseurs installés au niveau des différentes voies d’accès de la
ville de Bouira posent problème et représentent des dangers.

Réalisés sans le respect des normes en vigueur, ces ralentisseurs peuvent causer des accidents et aussi ralentir la circulation et la congestionner.

En effet et au niveau de plusieurs ruelles, certains dos-d’âne installés en principe pour inciter à réduire la vitesse sont difficiles à franchir car ils ne répondent aux normes de hauteur. Leur emplacement pose aussi problème. En plus de cela, ces dos-d’âne ne sont pas signalés par des panneaux pour prévenir les automobilistes et les inciter à ralentir.

De ce fait, ces derniers qui ne se rendent compte de leur présence que tardivement, les abordent à une vive allure. Souvent surpris, beaucoup automobilistes freinent brusquement, ce qui provoque des télescopages tout en mettant à rude épreuve rotules, suspension, freins et autres pièces de véhicules.

Karim, un fonctionnaire de la wilaya qui a pour habitude de circuler en voiture dans la ville de Bouira est catégorique quant à l’absence de normes dans l’installation de ces ralentisseurs et aussi des dangers qu’ils représentent : «Les ouvrages qui sont mis en place un peu partout au centre ville ne répondent pas aux normes. Beaucoup sont difficiles à franchir tellement leur hauteur est considérable. En principe la hauteur d’un ralentisseur de type dos-d’âne ne doit pas dépasser les 10 cm. Leur longueur est aussi réglementée. Leur emplacement pose aussi problème. Généralement, ils sont placés sur les lignes droites pour inciter les automobilistes à réduire la vitesse et réduire les accidents. Or à Bouira-ville, ils sont installés partout», confie notre interlocuteur. Et d’ajouter : «Le pire dans tout cela, c’est l’absence de signalisation adéquate aux endroits où sont installés ce genre d’ouvrage. Ce qui accentue les risques d’accident». Pis encore, et au niveau de certains artères du centre ville et en périphérie de celle-ci, certains ouvrages sont installés d’une manière anarchique sans l’autorisation des autorités.

Souvent cela se fait en dehors de normes et à l’aide de matériaux inadéquats. C’est le cas au niveau du quartier Farachati où des habitants ont pris l’initiative d’installer des dos-d’âne pour, expliquent-ils, limiter les dangers d’accidents. « Les automobilistes ne limitent même pas leur vitesse sachant que des enfants peuvent surgir en courant des maisons situées d’un côté comme de l’autre de la route. Nous n’allons pas attendre qu’un accident mortel arrive pour agir », se justifie un habitant de la cité Farachati.

Cependant, et même si leur intention est bonne, les habitants de ce quartier ignorent tout des normes consacrées pour installer les dos-d’âne. Pis encore, ils n’ont sollicité aucune autorisation des services concernés pour procéder à de tels travaux.

À vrai dire, de telles initiatives personnelles sont menées d’une façon anarchique et surtout sans autorisation préalable. Ce constat s’applique aussi pour beaucoup de communes de la wilaya traversées par de grands axes routiers. C’est le cas dans la région Est de la wilaya où des dos-d’âne anarchiques sont installés ici et là sur les chemins de wilaya et routes nationales.

Sur le CW98 reliant Bechloul à M’Chedallah, de nombreux ralentisseurs sont installés anarchiquement par les habitants de beaucoup de localités traversées par cette route. Ceci est valable pour la RN15 où les dos-d’âne anarchiques sont visibles à plusieurs endroits.

Ces installations ne sont souvent pas indiquées par des panneaux. Ce qui pose un grand problème aux automobilistes surtout la nuit. Il est dont plus que recommandé que ces ralentisseurs soient réalisés aux normes requises et aux endroits indiqués pour que ces installations puissent jouer pleinement leur rôle dans la prévention contre les accidents de la circulation en milieu urbain.

Les pouvoirs publics doivent par conséquent prendre des mesures nécessaires pour revoir les installations publiques existantes et en créer de nouvelles selon les normes requises en des endroits bien précis.
T. F.