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ATH MANSOUR - Eaux usées, déchets…

L’Oued Amarigh transformé en cloaque

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Triste est le décor qu’offre l’Oued Amarigh qui coule à l’est de la commune d’Ath Mansour. En effet, cette rivière, qui prend source des chaînes montagneuses des Bibans et dont les défluviations faisaient sa renommée auparavant, n’est à présent qu’un long et sinueux filet d’eaux usées et glauques.

Des eaux qui sont en fait déversées par les habitations situées en amont et en aval. La pollution dans ce cours d’eau a atteint des proportions alarmantes avec, en sus, des eaux usées, des monticules de déchets en tous genres qui jonchent le lit et les berges de cette rivière « martyrisée » par les pollueurs. Apparemment, la chute brutale du niveau des eaux de surface de ce cours d’eau a été déclenchée par la sécheresse qui sévit depuis des mois déjà.

Avec la canicule qui perdure depuis des semaines déjà, cet oued se trouve presque à sec, avec des cloaques d’eaux pestilentielles qui entrecoupent de longs filets d’eau usées serpentant doucement le long du lit. Les galets sont encore visibles, teintés d’une couche blanche synonyme de sels de calcaire qui s’y sont déposés.

Une chaleur suffocante se dégage des lieux qui sont devenus vraiment repoussants avec toute la pollution qui sévit. Pourtant, cette rivière n’était guère comme cela, il y a quelques décennies, à se fier aux réminiscences de ce riverain qui dira à cet effet: « L’Oued Amarigh, qui veut dire en fait rivière aux eaux saumâtres, n’avait guère cet aspect chaotique par le passé. Je me souviens qu’au début des années 1990, ce cours d’eau n’était pas pollué à ce point.

À pareille période de l’année, en plein mois de juillet, l’eau coulait à flots avec des carpes et des anguilles dans les étangs qui jalonnaient cette rivière. On pratiquait même la pêche à la ligne avec de bonnes prises quand même. Mais avec le temps, et l’explosion de la consommation ménagère et la multiplication des emballages, cette rivière a pris un sérieux coup, étant transformée en collecteur de déchets et d’eaux usées. Voyez actuellement la situation qui frise la catastrophe naturelle, et c’est malheureux d’en arriver là », regrette amèrement notre interlocuteur qui souhaite au passage que les autorités, à tous les niveaux, interviennent afin de mettre fin à toute cette pollution galopante.
Y. S.