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Sud d’Aghbalou

Plus de dix jours sans eau

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Des milliers de villageois habitant le sud de la commune d’Aghbalou, 60 km à l’est de la wilaya de Bouira, sont privés d’eau potable depuis plus de dix jours. Il s’agit des habitants des quartiers du sud du chef-lieu de la commune, en l’occurrence des villages Ivahlal, Beni Hamdoune, Ammoura, Ikhtavane et Ammouche. A l’origine de cette situation qui perdure depuis le 9 septembre dernier, des dysfonctionnements survenus sur le système d’alimentation en eau potable des villages de la commune. Dans ce sens, un premier incident a été enregistré le 6 septembre dernier sur la conduite de transport alimentant la station de pompage SP1 avant qu’un nouvel incident ne survienne quelques jours après à la station du pompage SP4.

Au niveau de cette station, c’est le câblage électrique qui a carrément grillé privant la station de courant électrique. Depuis la survenue de ces deux incidents, des travaux de réparation avaient été engagés par l’Algérienne des eaux (ADE) avec l’assistance des services de l’APC d’Aghbalou. Mais dix jours après le début des travaux, les avaries ne sont toujours pas prises en charge et l’approvisionnement en eau potable n’est pas encore rétabli, au grand dam des milliers de villageois qui prennent leur mal en patience, en attendant que ce problème soit résolu.

Approché pour avoir plus d’explications au sujet de l’absence d’approvisionnement et du retard mis pour la prise en charge des avaries survenues sur le système AEP de ces villages, le responsable de la Régie des eaux de la commune nous apprendra que les services de l’ADE, chargés de mener les réparations, sont à pied d’œuvre depuis plusieurs jours pour tenter de résoudre ce problème. Toujours selon notre interlocuteur, le manque de moyens humains et matériels déployés par l’ADE a fait que les travaux de réparation traînent et n’avancent pas au rythme souhaité. «Ce sont les services de l’ADE qui se chargent des réparations mais leurs moyens sont limités.

Ils ont sollicité notre contribution et nous leur avons répondu, mais nos moyens sont aussi très limités», confie le même responsable. D’ailleurs, il résume les moyens humains du service de la Régie des eaux à 5 agents pour une commune de plus de 22 000 habitants. Notre interlocuteur ajoute que les travaux de réhabilitation du système AEP des villages accordés dans le cadre d’un projet d’urgence, en juillet 2018, ont été confiés à l’ADE. Ces travaux concernent le renouvellement des équipements hydroélectriques. Ce projet, lui aussi, accuse beaucoup de retard, en raison, confie-t-on, des faibles moyens humains et matériels déployés par l’Algérienne des eaux.

L’APC s’en lave les mains

A ce sujet, le maire d’Aghbalou a indiqué que si le projet avait été finalisé, la pénurie d’eau enregistrée cet été à travers la commune aurait été évitée. «Les avaries enregistrées au début du mois de septembre qui impactent tout le sud de la commune depuis 10 jours étaient prévisibles, car les travaux de réhabilitation du système AEP de sept villages ont trainé longtemps», explique le maire, qui indique avoir interpellé les services de la daïra, l’ADE, la DRE et les autorités de wilaya, en vain. L’édile communal soutient que «si le projet des 5 milliards dédié à la réhabilitation du système AEP des 7 villages avait été confié directement à la commune, il n’y aurait pas eu tout ce retard et ces avaries récurrentes».

Le maire, qui rejette la responsabilité sur l’ADE, dit ne pas disposer de moyens humains et matériels pour l’assister dans les travaux de réparation. Cela risque de compliquer davantage le problème et faire durer le calvaire des citoyens de la commune. Nous apprenons, par ailleurs, que le chef-lieu de la commune, épargné jusque-là par le problème d’approvisionnement, commence connaît une pénurie d’eau potable depuis plus d’une semaine. Par ailleurs, certains quartiers ont mis huit jours avant d’être alimentés en eau, en raison du faible débit de sources et de l’arrêt du système de pompage des villages auquel ont recours les services de la Régie pour combler le déficit en ressources en eau, au chef-lieu communal.

A présent, à moins d’une intervention des services de la wilaya, vivement souhaitée localement, pour accélérer les travaux de réparation et relancer le projet de réhabilitation du système AEP, la reprise de l’approvisionnement en eau de milliers de citoyens risquent encore d’être retardée. Cela va alors accentuer la crise d’eau et susciter l’ire de la population qui patiente pour voir une amélioration de l’approvisionnement en eau potable. Il convient de noter que des dizaines de milliards de centimes ont été déboursés par les pouvoirs publics depuis la fin des années 1990 dans le secteur des ressources en eau dans la commune d’Aghbalou, mais pour des résultats peu reluisants.

D. M.