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Vallée du Sahel

Préparation traditionnelle des épices, toute une culture

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Il existe certains épices qui sont préparées par les ménages et ce afin de relever le goût des plats. Parmi ces épices, on trouve le poivron rouge et c’est justement la période de la préparation de cet ingrédient de cuisine tant prisé par la ménagère. D’ores et déjà, le poivron rouge frais a fait son apparition dans la région de la Vallée du Sahel, chez les marchands des fruits et légumes lesquels s’activent sur les accotements des routes nationales N° 5 et 15. Des caisses remplies de ce légume sont exposées à la vente sur les abords de ces routes denses en circulation automobile.

Des camions entiers sont chargés à craquer de cageots de ce légume, dénotant d’une bonne récolte cette année. Les automobilistes passant via ces points de vente s’enquièrent des prix de ce légume destiné à la confection du poivron rouge moulu. La plupart des clients déchantent et font la moue car les prix sont un peu élevés.

Le kilo du poivron rouge est cédé à 65 DA, ce qui est vu comme étant cher par les ménages qui voudraient en acheter plus d’un quintal pour en tirer quelques litres à peine, après le séchage et la mouture. « Je crois bien que je vais devoir attendre quelques jours le temps que les prix du poivron rouge baissent un peu, étant donné que je cherche à en acheter au moins deux quintaux pour confectionner quelques litres de poivron rouge moulu. Cet épice se vend actuellement entre 600 et 800 da le litre, ce qui est excessivement cher. Lorsqu’il est confectionné à la maison il coûte beaucoup moins cher. » affirme un chef de famille d’Ath Mansour.

Ainsi donc, la préparation du poivron rouge commence d’ores et déjà dans ces contrées rustiques, et bientôt toutes les maisons ou presque étaleront des quantités de miettes de ce légume sur les terrasses à sécher pour pouvoir les moudre dans les ateliers de mouture. Ces derniers sont ouverts pour l’occasion, et ce, afin de recevoir les premières quantités de poivron séché. Ce commerce saisonnier est juteux, car, dit-on, il rapporte de grosses sommes d’argent aux propriétaires de ces unités, lesquels travaillent à plein régime durant l’été et l’automne pour fermer durant tout le restant de l’année.

La production de la poudre du poivron rouge est plus qu’une besogne de la ménagère, mais c’est toute une tradition qui date des siècles. Cette poudre rouge, ou à vrai dire ce colorant naturel, entre dans la préparation de la sauce, notamment celle du couscous, pour lui donner la couleur rougeâtre qu’on lui connaît.
Y. S.