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Le marché flambe

Revoilà les spéculateurs

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Alors que la grève entamée dimanche dernier continue, certains commerçants peu scrupuleux ont trouvé une occasion rêvée de se faire un maximum de gain pendant ces journées de grève générale. En effet, des spéculateurs n’ont pas trouvé mieux que de s’installer sur la RN5 à proximité de l’échangeur de l’autoroute Est-Ouest en direction de Constantine pour vendre des produits maraichers hors de prix.

C’est le cas pour les carottes affichant 200 dinars le kg, de même pour la courgette, les oignons verts à 100 DA la botte d’allure plutôt chétive, des poivrons et piments à 150 dinars le kilo, des tomates à 100 DA, des pommes locales à 300 dinars alors qu’elles sont abimées ou encore des bananes à 300 dinars le kilo. Pourtant, malgré les prix pratiqués et non affichés, les véhicules se bousculent pour stationner à proximité des étals.

D’ailleurs, lorsqu’aucune place n’est disponible, c’est tout simplement sur la chaussée que le véhicule est garé le temps de faire ses emplettes, sans se soucier de la circulation qui bouchonne à proximité du rond-point de l’échangeur. Fruits, légumes mais également des articles de ménages avec des balais, des frottoirs, de l’eau de Javel, du Sanibon ou encore des poulets vivants sont autant de marchandises exposés qui ne cessent d’attirer les foules.

Il faut dire que la paralysie qui frappe les villes a créé une frénésie des achats sans précédant et même l’hypermarché de Bouira qui demeure fermé fait que les citoyens de retour chez eux s’arrêtent devant ces étalages sauvages. «Je n’ai pas trouvé où acheter des pommes de terre et avec une famille et des enfants, je ne peux pas les priver de patates, ici on en trouve un peu plus cher, mais elle est disponible», révèle un automobiliste faisant ses achats.

Des patates qui plafonnent, il faut le souligner, à 60 dinars le kilo alors qu’à quelques kilomètres, dans les plateaux fertiles d’El-Esnam, elle est cédée dans les champs aux grossistes à 18 DA ! Un comble d’autant plus que la pomme de terre proposée à la vente sur cette aire de négoce improvisée provient d’Ain Defla, selon les revendeurs. Cette grève pénalise à plus d’un titre les citoyens et encourage, hélas, les spéculateurs qui ne ratent aucune occasion pour s’enrichir.

H. B.