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Le commerce d’«asisnu» prospère sur les routes

Ruée sur les arbouses

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Depuis quelques jours l’autoroute Est-Ouest sur son tronçon de Lakhdaria jusqu’à la Gare Aomar est littéralement envahie par des jeunes enfants s’adonnant à la vente de caissettes remplies d’arbouses. Très tôt le matin, et malgré le froid mordant, les jeunes ramènent des quantités impressionnantes de ces fruits rouges ressemblant à des fraises et pour écouler leur récolte, installent des étals de fortune aux abords des routes, comme c’est le cas à proximité des tunnels de Bouzegza.

Les barquettes d’arbouses contenant à peine deux douzaines de ces baies succulentes sont vendues entre 150 et 200 da l’unité. Une somme modique mais qui après un simple calcul rend cette baie à près de 10 dinars, mais cela n’empêche pas les automobilistes de passage de marquer un arrêt auprès de ces vendeurs saisonniers. Des arrêts qui ne sont pas sans risques pour les jeunes marchands ainsi que pour leurs clients exposés aux dangers de la circulation sur cette autoroute. Rien qu’au cours de l’été dernier, trois jeunes ont été mortellement fauchés alors qu’ils revendaient des cerises et des figues sur l’autoroute.

Toutefois, ces morts tragiques n’empêchent toujours pas ce genre de pratiques mercantiles car il s’agit pour ces jeunes de se faire de l’argent de manière assez rapide : ‘’Il s’agit d’une saison très courte si on veut revendre ‘’sisnu’’ rapidement et le seul moyen de l’écouler est de s’installer aux abords des routes ‘’, indique un jeune adolescent de la localité de Zeboudja. Pourtant ces baies sont également disponibles au niveau du marché couvert du chef-lieu de wilaya où les risques liés à la revente sont moindres, mais notre interlocuteur affirme que les prix ne sont pas les mêmes.

‘’Au marché, nous les revendons à hauteur de 50 da le verre, mais les gens qui viennent au marché n’achètent que rarement, de ce fait, les fruits se gâtent et nous sommes obligés de les jeter au bout de deux jours, surtout lorsqu’ils ont été mouillés par les pluies‘’, explique notre interlocuteur. Il faut dire que sur la RN33 menant à la station climatique de Tikjda, une fois dépassé la ville de Haizer et en entrant sur le territoire de la commune d’El Esnam, des arbousiers s’étendent à perte de vue et les véhicules qui se garent à longueur de journée en cet endroit prouve que l’arbouse est de plus en plus prisé par les familles qui viennent les cueillir malgré les ronces qui entourent ces arbustes.

Pour les moins téméraires ne pouvant affronter les épines en escarpant les talus abruptes, les revendeurs de ‘’sisnu’’ exposent les baies rouges sur une bonne partie de la RN30 ainsi que sur la RN33. Il suffit juste de ne pas être trop près de ses sous pour pouvoir y goûter sans se faire égratigner.

Hafidh B.