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Chorfa

Tala Ouguellid, un héritage en déperdition

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La commune de Chorfa est connue pour sa vocation agropastorale. Elle compte un verger arboricole impressionnant qui s’étale sur des centaines d’hectares et dont la majeure partie se trouve dans la plaine d’Arafou, un vaste terrain enserré entre les hauteurs de Chorfa et l’oued Sahel. Toute cette superficie, plantée majoritairement d’oliviers plusieurs fois centenaires, est irriguée avec les innombrables puits qui y existent, mais aussi avec des rigoles, dont la fameuse Tala Ouguellid, littéralement «La rigole du Roi».

Ce «canal», acheminé de l’oued Tiksiridène vers les oliveraies, est tout un système d’irrigation ingénieux hérité d’une lointaine époque. Les eaux de l’oued Tiksiridène sont ainsi captées à travers cette rigole de plusieurs kilomètres, pour arroser les arbres fruitiers et les maraîchages, en sus d’alimenter les cheptels. Cette rigole, dont on ne sait malheureusement pas grand-chose, notamment en ce qui concerne son appellation, qui reste un mystère, continue de fonctionner en dépit de l’urbanisation galopante et du délaissement de l’agriculture.

Actuellement, les eaux de cette rigole «giclent» en force, à la faveur de la fonte des neiges et de la montée du débit des eaux de l’oued Tiksiridène. Une partie de ce canal longe sur plusieurs centaines de mètres la RN15, en débordant parfois sur la chaussée, créant de ce fait des mares d’eau rendant la chaussée glissante. Néanmoins, avec la pollution des cette rivière, notamment avec les amoncellements des déchets ménagers et le déversement des eaux usées dans son lit, la qualité des ses eaux demeure un sujet préoccupant.

Par conséquent, l’irrigation des champs et autres vergers arboricoles et maraîchers avec ces eaux polluées suscite l’inquiétude, notamment chez les autorités locales qui préviennent, à chaque fois, les paysans de la localité de la nécessité de ne pas utiliser ces eaux à des fins agricoles. Néanmoins, certains pensent qu’avec l’augmentation du débit de l’oued, les agents polluants sont «dilués». Quoi qu’il en soit, «La rigole du Roi» reste un patrimoine qui se trouve malheureusement en proie à la pollution et à la déperdition. D’aucuns espèrent le lancement d’une campagne de dépollution de l’oued Tiksiridène, une manne aquifère qui vaut son pesant d’or dans le secteur agricole local.

Y. S.