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BIR-GHBALOU - Vols, agressions et prolifération de vente clandestine d’alcool

Une daïra qui a perdu sa quiétude

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Les citoyens de la daïra de Bir-Ghbalou, située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Bouira, vivent dans un climat d’insécurité. Des vols et agressions en tous genres ont lieu presque chaque semaine dans cette localité et même dans ses zones limitrophes, contre des citoyens désarmés et livrés à eux-mêmes. Cette situation profite aux bandits, de jour comme de nuit, qui commettent leurs forfaits en toute quiétude.

En effet, et après les faux barrages des années de terrorisme, le temps est aujourd’hui aux agressions physiques à l’arme blanche, aux vols de voitures et de bétail, devenus monnaie courante ces derniers mois, affirment les citoyens de cette localité : «Un voisin a été délesté de sa voiture au moment où il s’apprêtait à la mettre au garage, juste avant la tombée de la nuit. Un fellah s’est fait aussi voler quatre vaches durant le Ramadhan dernier, sans compter les dizaines d’actes de vol d’autres objets et matériels que certains laissent en dehors de leurs maisons», avance Mohammed, la quarantaine. «Le dernier vol a été commis près de l’arrêt des transports en plein jour, contre une jeune fille, venue rendre visite à sa sœur.

Des personnes inconnues lui ont dérobé ses bijoux, son appareil téléphonique portable et son argent et l’ont menacée de mort si elle criait. Avant cette agression, un jeune homme de 30 ans a été gravement agressé par une bande de malfaiteurs, armés de couteaux et de sabres après une simple altercation verbale. Ce malheureux jeune homme est toujours hospitalisé dans un hôpital d’Alger et souffre de graves blessures», ajoute notre interlocuteur. Par ailleurs, beaucoup de citoyens de cette daïra, que nous avons rencontrés, ont signalé une prolifération inquiétante des lieux clandestins de vente de boissons alcoolisées et même de drogue et de psychotropes.

D’après nos interlocuteurs, au niveau de chaque quartier du chef-lieu ou de bien de chaque village, il existe un lieu de vente de drogue ou de boissons alcoolisées en noir : «La drogue se vend partout dans notre localité. Des jeunes chômeurs se sont en effet transformés, en de véritables dealers de drogue de tous les genres. Nos quartiers sont infestés de dealers de drogue qui proposent leurs marchandises même à des mineurs. Idem pour les lieux clandestins de vente de boissons alcoolisées, qui se sont proliférés durant ces dernières années. Aussi, certains citoyens inconscients ont transformé des locaux commerciaux situés à l’intérieur même des quartiers résidentiels, en des dépôts clandestins pour la vente de ces boissons», ajoute un autre riverain du chef-lieu de cette daïra.

D’après ce dernier, les citoyens ont alerté à maintes reprises les services de sécurité et les autorités locales sur cette situation, mais en vain. «Ces dealers disparaissent à chaque descente de la police ou de la gendarmerie et reviennent quelques jours après le passage des services de sécurité. Nous avons réclamés des points de contrôles fixes et permanents des services de sécurité et ce, afin de dissuader définitivement ces dealers». Par ailleurs, les citoyens ont aussi dénoncé la défaillance d’une grande partie du réseau d’éclairage public dans leur localité, ce qui favorise ce climat d’insécurité. Ils ont ainsi réclamé la réhabilitation du réseau en question et l’installation de nouveaux candélabres notamment au niveau des nouveaux quartiers mais aussi sur les routes nationales RN 18 et RN 08, qui traversent cette localité.

Oussama Khitouche