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BOUMERDÈS - Les travailleurs sans salaires depuis huit mois

Débrayage à l’ALRECC

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Le conflit entre travailleurs et responsables refait surface à l’entreprise l’Algérienne des réalisations et construction du Centre (ALRECC) de Boumerdès, la semaine dernière.

En effet, les travailleurs protestataires réclamaient le versement de huit mois de salaire impayés, depuis le mois de juillet dernier. Ainsi, des centaines de travailleurs, d’ouvriers et de maçons ont paralysé, mercredi, les chantiers de l’entreprise, notamment celui d’un bloc administratif du Centre de recherche en matériaux de construction (Cetim). Le projet est suivi par l’Entreprise de bâtiment d’Alger (EBA) filiale d’ALRECC. Les manifestants, qui ont observé un sit-in devant l’entrée du chantier, ont réclamé le paiement des huit derniers mois de salaire, soit depuis juillet 2019, a affirmé un travailleur de l’entreprise. «En février et avril 2019, nous avons entamé un mouvement de grève pour réclamer le paiement de nos salaires et l’amélioration de nos conditions de travail. L’administration, qui s’est retrouvée coincée, avait alors versé uniquement deux mois de salaire et promis de prendre
nos doléances en charge, en vain», a-t-il ajouté.

« Nous avons cru que cela ne se reproduirait pas, mais les responsables persistent dans leur entêtement et certains veulent même mener l’entreprise à la faillite et pousser les travailleurs à démissionner, alors que la quasi-totalité d’entre eux sont des pères de famille », a ajouté notre interlocuteur. Les travailleurs, plus d’une centaine à avoir protesté, issus de plusieurs wilayas, notamment de Chlef, Mascara et Maghnia, ont avoué ne pas avoir les moyens pour rendre visite à leurs familles. Ils ont accroché sur le grillage du chantier plusieurs banderoles sur lesquelles, on pouvait lire : «Les travailleurs d’ALRECC sont en grève», «Nous réclamons le paiement de nos salaires des huit mois derniers», «Les responsables s’entêtent, car au lieu de répondre aux revendications des travailleurs, dont la plupart sont venus de loin, ils leur répondent par des menaces de licenciement», a dénoncé un travailleur. «Nous réclamons encore l’amélioration des conditions de travail dans les chantiers et la titularisation des travailleurs contractuels», a-t-il conclu.
Z. Youcef